Un porte-conteneurs allemand attaqué au large du Nigeria. La marine portugaise intervient (v3)

(B2) Le Maersk Tema, un porte-conteneurs allemand, a été attaqué vendredi (14 février) au large des côtes nigérianes, par un groupe pirate composé de deux petits bateaux rapides à moteur. L’équipage a pu s’en tenir sain et sauf

Le patrouilleur NRP Zaire (crédit : Marine portugaise)

Un signe clair d’attaque pirates

Le Maersk Tema (qui bat pavillon des îles Marshall, appartient à Bernhard Schulte Ship et est exploité par Peter Doehle Schiffart) filait vendredi matin à 20 nœuds au large de São Tomé dans le Golfe de Guinée, venant de Pointe Noire (Congo) vers Lagos (Nigéria), quand l’homme de quart détecte l’approche suspecte d’une embarcation. Le porte-conteneurs se trouve alors à 100 nautiques (185 km) au Nord-Ouest de Sao Tomé, selon le rapport fourni aux autorités maritimes (parvenu à B2).

À l’abri dans la citadelle

Immédiatement, « 17 des 21 membres d’équipage se replient dans la citadelle » (= chambre forte, secrète et sécurisée du bateau), leur permettant d’échapper à la capture. Le capitaine et trois membres d’équipage « restent en passerelle afin d’effectuer des manœuvres de déception », par exemple naviguer en zigzag, ce qui vise à empêcher l’abordage du navire. Mais ces manœuvres ne sont pas suffisantes, les pirates parviennent à monter à bord. L’équipe encore présente à la passerelle et le capitaine « rejoignent alors rapidement la citadelle ».

Les alertes partent

Depuis cet espace sécurisé, le capitaine alerte immédiatement le MDAT-GoG (Maritime Domain Awareness for Trade – Gulf of Guinea) hébergé à Brest au sein du centre d’expertise de sécurité maritime MICA (1) Center. L’officier sécurité de la compagnie (CSO) est également averti. La cellule de crise de l’armateur missionne un navire de sécurité nigérian, le SVS Teach (2). Tandis que le MICA Center déclenche l’appareillage du patrouilleur portugais Zaïre. Celui-ci se trouve alors en fin de mission de formation des garde-côtes à Sao Tomé-et-Principe. C’est le Centre des opérations maritimes de la marine portugaise (COMAR) qui lui transmet l’appel.

Aucune activité suspecte

Le navire nigérian qui arrive en premier (2). Les pirates ont déjà fui apparemment. Les marins montent à bord pour effectuer une inspection du navire. Ils ne trouvent aucune activité suspecte. Le navire portugais arrive peu après, vers 2 heures, samedi. Une équipe d’abordage parcourt le pont. Aucun pirate n’est présent. L’équipage peut alors sortir de la ‘citadelle’ et reprendre le commandement du navire.

Direction : Lagos sous escorte

Le porte-conteneurs « a été considéré comme sûr à 5h00, poursuivant son voyage vers le port de Lagos au Nigeria » indique l’état-major des forces portugaises, escorté jusqu’à Lagos par le Teach. Le navire portugais a effectué la surveillance du navire, pendant la période de navigation, et aucune activité suspecte n’a été détectée pendant le transit. Aucune victime n’est à déplorer. On ne connait pas le sort des pirates, qui sont recherchés.

Le bon réflexe

« Le capitaine du Maersk Tema a eu le bon réflexe en contactant immédiatement la cellule du MDAT-GoG, au MICA Center », a commenté le capitaine de corvette de Gilles Chehab, commandant du centre d’expertise de la Marine nationale à vocation mondiale, basé à Brest. « Cette action a permis de mobiliser les acteurs de la région et d’intervenir pour faire stopper la menace. »

(Nicolas Gros-Verheyde)

Lire aussi : Des actes de brigandage courants dans les ports du Nigeria

  1. Il s’agit bien d’un navire privé et non d’un navire de la marine nigériane, comme mentionné (par erreur) un moment.
  2. Il a fallu près de 15 heures après l’alerte au patrouilleur nigérian SVS Teach pour rejoindre le navire attaqué, s’étonne Mikhail Voytenko tenancier du ‘Maritime Bulletin‘. « Plusieurs bateaux ou navires de patrouille nigérians étaient pourtant beaucoup plus proches du porte-conteneurs en détresse, mais ils se sont tenus à leur mission et n’ont pas répondu ». NB : Ce point peut aisément s’expliquer. L’intervention sur un groupe pirates ne peut se faire par n’importe quel navire ni n’importe quelle équipe. Il faut du personnel un peu spécialisé, entraîné et armé dans cet objectif.

Mis à jour le 17.2 avec des informations plus précises sur l’intervention du NRP Zaire. L’encadré a été séparé pour plus de lisibilité dans un article séparé

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).

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