La défense des Alliés repose largement sur les États-Unis pour l’opinion publique (Pew Research Center)

(B2) Les citoyens de l’Alliance atlantique ont une vision généralement positive de l’organisation, dévoile le sondage réalisé par le Pew Research Institute*, publié mardi (11 février). Mais il montre également que leur attachement à la défense collective est très bancal. Voire inexistant, si ce n’est envers les États-Unis. Détails

Les résultats du sondage proviennent d’une enquête conduite dans 19 pays, dont 16 États membres de l’OTAN, la Suède, la Russie et l’Ukraine, auprès de 21 029 personnes à l’été 2019.

Une vision largement positive de l’Alliance

Globalement, l’Alliance est vue « favorablement » par l’opinion publique de ses États membres. Un sentiment partagé autant en Europe que de l’autre côté de l’Atlantique.

Parmi les membres, la Turquie fait néanmoins ‘tache’, avec seulement 21% de l’opinion publique favorable à l’Alliance. La Grèce et la Bulgarie se situent également dans le bas du panier (respectivement 37% et 42%). De l’autre côté du spectre, on retrouve la Pologne et la Lituanie, qui comptent largement sur l’OTAN pour leur défense, et où elle est particulièrement soutenue. En Pologne, c’est 82% de l’opinion qui l’accueille favorablement et 77% en Lituanie. L’opinion reste majoritairement positive aux Pays-Bas, au Royaume-Uni, en Italie et en Allemagne, alors qu’elle baissent sous 50 % en République tchèque, en Slovaquie, en France, en Espagne et en Hongrie.

Parmi les États non-membres, le bilan est plus mitigé. La Suède et l’Ukraine soutiennent l’Alliance, respectivement à 63% et 53%, mais ce n’est, de manière peu surprenante, pas le cas en Russie. Seuls 16% partagent cette opinion, offrant le pourcentage le plus bas, et 60% de l’opinion s’est dit défavorable à l’organisation.

Les États-Unis pour défendre l’Alliance

Dans le cas d’une attaque potentielle de la Russie sur un Allié, les opinions publiques au sein de l’OTAN s’en remettent largement aux États-Unis pour les défendre.

L’opinion publique croit majoritairement que les États-Unis « viendraient » défendre leurs Alliés par la force militaire. Alors qu’au contraire, ils sont une majorité à penser que leur pays, ne « devrait » pas le faire, faisant ainsi reposer toute la responsabilité de la défense des Alliés sur les États-Unis.

Parmi les opinions qui comptent le moins sur les États-Unis, on trouve la Hongrie (39%), la République tchèque (41%), la Turquie (46%) et la Pologne (47%). Alors que dans les autres pays, l’opinion publique est majoritairement certaine qu’ils interviendraient, notamment en Italie (75%), au Royaume-Uni (73%) et en Espagne (72%).

Une aversion à répondre aux obligations de l’article 5 du Traité

Dans 11 des 16 pays membres de l’OTAN interrogés, l’opinion publique pense qu’ils ne devraient pas utiliser la force pour défendre un Allié face à la Russie. C’est une claque que prend l’article 5 de Traité du l’Atlantique nord, qui promet une défense collective en cas d’attaque sur l’un des Alliés.

Très peu sont ceux qui pensent que leur pays « devrait » également intervenir pour défendre ses Alliés. Les plus réticents sont notamment ceux qui pensent largement majoritairement que les États-Unis, eux, interviendraient, comme les Italiens (25%) et les Grecs (25%). Mais également les Bulgares (12%), les Turcs (32%), les Slovaques (32%), les Hongrois (33%), les Allemands (34%), et les Tchèques (36%). Dans certains États où la culture d’entraide militaire est plus présente (au Canada (56%), au Royaume-Uni (55%), aux Pays-Bas (64%), en Lituanie (41%)), le public pense majoritairement que leur pays devrait intervenir.

L’opinion est néanmoins plus partagée en France, en Espagne et en Pologne.

La volonté d’entraide a baissé, remarque le Pew Research Institute. Par exemple, presque la moitié de l’opinion publique disait être prête à s’engager sur l’article 5 en Italie en 2015, contre 25% en 2019. De même, la volonté a baissé en Pologne (-8 points de pourcentage), en Espagne (-7) et en France (-6). Alors qu’il a augmenté au Royaume-Uni (+6).

L’utilisation de la force nécessaire pour maintenir l’ordre dans le monde

Parmi les membres de l’Alliance, l’utilisation de la force militaire pour maintenir l’ordre dans le monde demeure majoritairement vue comme une option. Seule la Bulgarie se distingue clairement du lot, en n’approuvant la force militaire dans ce cadre qu’à seulement 38%. L’Allemagne (47%) et la Lituanie (48%) se situent aussi en dessous de la majorité. Les plus favorables sont plutôt les opinions des grandes puissances militaires : les États-Unis (78%), le Canada (71%), le Royaume-Uni (71%), la Turquie (71%), les Pays-Bas (69%) et la France (64%).

(Aurélie Pugnet)

*Le Pew Research Center est un Centre de recherche basé à Washington, indépendant, qui conduit des sondages sur différents sujets.

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