Une escale du Dixmude au Pirée loin d’être anodine. Une présence permanente française annoncée

(B2) Le Dixmude est présent au large de la Grèce ces jours-ci pour un exercice avec les forces armées helléniques et américaines, dénommé « Alexandre le Grand 2020 ». Mais l’intérêt de la présence du porte-hélicoptère français était ailleurs, hier, avec l’escale au port du Pirée

Le MinDéf grec Nikos Panagiotopoulos avec à ses côtés l’ambassadeur de France P. Maisonnave et le commandant du Dixmude le CV Rossignol (crédit : Ambassade France Grèce / MOD Grec)

Dans les entrailles du navire, la volonté d’unir ‘nos’ forces

De nombreux journalistes (presse écrite, télévision) ont ainsi pu pénétrer, lundi (27 janvier), dans les entrailles du BPC français, ainsi que plusieurs personnalités, à commencer par le ministre grec de la Défense Nikos Panagiotopoulos. « La présence du Dixmude, est la preuve solide de la volonté d’unir nos forces » a-t-il affirmé.

Emmener progressivement la Grèce dans le premier cercle de la défense européenne

L’ambassadeur de France en Grèce, Patrick Maisonnave, a été particulièrement éloquent. Il s’agit « d’emmener progressivement la Grèce vers le premier cercle de la défense européenne ». En témoignent, les contacts entre « nos ministères de la défense », entre les états-majors, « plus fréquents ».

Athènes retrouve le chemin de l’Europe

La Grèce, longtemps absente de la défense européenne, semble en effet avoir retrouvé le chemin européen. Elle est partie prenante de plusieurs projets de la coopération structurée permanente (PESCO), candidate à l’Initiative européenne d’intervention (lire : Avec huit groupes de travail, le ‘club de planification stratégique’ de l’IEI prend forme), a décidé de contribuer à l’initiative française dans le Détroit d’Ormuz (EMASOH) (lire : La mission EMASOH portée sur les fonts baptismaux par huit États membres de l’UE. Démarrage : mi-février) et accompagne le ‘Charles’ (lire : Un groupe aéronaval autour du Charles-de-Gaulle se déploie, avec des Européens, épisodiques (v5)).

Une présence permanente en Méditerranée orientale

L’escale du Dixmude au Pirée participe à « la volonté française d’être davantage présents dans cette partie du monde » a ajouté l’ambassadeur français. Et d’annoncer — ce qui tient particulièrement chaud au cœur des Grecs, en plein bras de fer avec la Turquie, en Méditerranée orientale —: la présence permanente en Méditerranée orientale d’une frégate française.  À la veille de la visite du Premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, à l’Élysée, cette annonce est tout sauf anodine. Cela vise à apporter à la Grèce « des formes de réassurances stratégiques dont elle a besoin », selon les termes de P. Maisonnave.

Accompagner la Grèce pour qu’elle devienne plus apte à faire respecter sa souveraineté

La Grèce renouvelle aussi certains équipements militaires. Athènes et Paris sont ainsi toujours en pourparlers pour la livraison de deux frégates « le nec plus ultra des frégates françaises » comme le dit P. Maisonnave. Un contrat de mise à niveau de la flotte d’avions Mirage 2000 a été conclu. Et un autre contrat similaire pour la mise à niveau des hélicoptères grecs NH90 va l’être. Il s’agit « d’accompagner la Grèce pour qu’elle devienne plus apte à faire respecter sa souveraineté dans cette région du monde ».

(Nicolas Gros-Verheyde)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen à l'université Paris I Pantheon Sorbonne. Journaliste professionnel depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir). Auditeur de la 65e session de l'IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale).

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