Au QG de l’opération anti-piraterie Atalanta à Rota (Cadiz)

(B2) Le quartier général de l’UE contre la piraterie (EUNAVFOR Atalanta) se trouve à Rota, la principale base navale espagnole. Installé dans un ancien bâtiment rénové, le QG se situe à quelques encâblures de l’autre base navale présente, celle de la marine américaine. Suivez le guide

L’entrée du quartier général de Rota (© NGV / B2)

Dès l’entrée, les deux logos apposés du QG espagnol d’opération de Rota (ES – OHQ) et de l’opération navale européenne EUNAVFOR (EUropean NAVal FORce) pour la Somalie cadrent bien le sujet : ce quartier général européen sert aujourd’hui pour l’opération Atalanta, mais pourra servir ensuite pour d’autres opérations. À droite le commandement opérationnel, à gauche les bureaux spécialisés du Personnel aux Finances (CJ8) en passant par la logistique ou les plans (CJ5).

(crédit : B2/NGV)

La salle où sont réunies une bonne partie des ‘spécialisés’, de la comm’ au premier plan au renseignement tout au fond.

(crédit : B2/NGV)

Le système de chat sécurisé Mercury constitue le nerf central de l’opération. Il permet d’assurer la communication en temps réel entre les navires et les avions de l’opération, mais aussi avec l’UKMTO (le dispositif britannique historique pour la marine marchande), ainsi qu’avec les autres forces déployées dans la zone : la CTF151 (force créée à l’initiative des Américains) et les forces nationales patrouillant régulièrement (Chinois, Coréens, Japonais, Indiens).

(crédit : B2/NGV)

Les alertes arrivent par voie VHF radio, via téléphone, voire communication satellitaire. Peu importe le point d’entrée ou de transit, le principe est que l’information sur une attaque possible ou active, voire sur simple bateau suspect, se retrouve centralisée sur le même point, et qu’il y ait un partage de l’information.

Le centre d’opérations conjoint (JOC) est le nerf central du dispositif. C’est de là qu’arrivent les informations opérationnelles et qu’elles repartent.

Briefing au JOC (© B2 / NGV)

Un élément civil pour la marine marchande lui est adjoint le MSCHOA qui, lui, est situé à Brest. Les deux fonctionnent en symbiose, partageant le même réseau, comme si chacun était dans la même pièce, alors qu’ils sont à plus de 2000 km de distance.

Le JOC a pour objet de surveiller les opérations actuelles, d’avoir une connaissance (awareness) de la situation, la réponse aux incidents Marsec, le soutien intendance et le réseau stratégique. Tandis que le Centre de sécurité maritime MSCHOA a en charge l’interface journalière avec la marine marchande et les bateaux de pêche, la coordination des informations de sécurité de navigation, l’entretien du site du MSCHA et la base de données.

Le JOC et le MSCHOA en tandem (© B2 / NGV)

À suivre…

(Nicolas Gros-Verheyde)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen à l'université Paris I Pantheon Sorbonne. Journaliste professionnel depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir). Auditeur de la 65e session de l'IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale).