Frappe aérienne, conflit civil… la Libye est-elle toujours un lieu sûr ?

(B2) Après la frappe aérienne mortelle sur un camp de rétention de migrants en Libye, attribuée aux forces du maréchal Haftar, il sera difficile à quiconque de défendre un quelconque débarquement en Libye, ou de laisser les garde-côtes libyens se saisir de migrants ou réfugiés à bord d’un navire dans les eaux internationales.

La politique européenne définie depuis le sommet de Malte de confier aux pays de transit (Turquie, Maroc, Liban, Libye, Egypte, Tunisie) le soin de bloquer l’immigration en direction du continent européen a connu un certain succès. Au prix de l’écartement de certains principes. Mais cette tolérance sur les valeurs a une limite qui est franchie aujourd’hui.

L’Union européenne ne peut plus mettre la tête dans le sable. Elle doit clairement édicter cette règle que le renvoi en Libye de migrants et réfugiés est non seulement pas recommandé, mais clairement interdit. Et que toute personne qui s’affranchirait de ces règles devrait en être tenu responsable.

(Nicolas Gros-Verheyde)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen à l'université Paris I Pantheon Sorbonne. Journaliste professionnel depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir). Auditeur de la 65e session de l'IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale).