Hommage appuyé de la France à ses alliés pour leur soutien de transport

(B2) Le ministère français des Armées a tenu à rendre un hommage plus qu’appuyé aux forces aériennes alliées (européennes et nord-américaines) qui apportent un appui précieux à l’opération Barkhane, comme ils l’apportaient déjà dans l’opération Serval

Un C17 américain embarque des soldats français vers le Mali (crédit US Air Force – Senior Airman James Richardson – janvier 2013 – Archives B2)

Un appui essentiel

« Dès 2013, les forces françaises ont pu compter sur leurs partenaires européens et internationaux. » Et aujourd’hui encore, les alliés « apportent un appui essentiel à la force Barkhane dans le domaine logistique » indique une information de l’état-major des armées publiée sur son site. Et d’ajouter : « Au Sahel, la France n’agit pas seule ».

La moitié du transport infra-théâtre

Depuis le début de l’année 2019, 50% du transport intra-théâtre des personnels et du fret est réalisé par les pays alliés et européens : l’Espagne y contribue à hauteur de 15% (missions Mamba et Marfil menées respectivement depuis le Gabon et le Sénégal) (1). Le Royaume-Uni avec ses hélicoptères britanniques Chinook participe également pour près de 15%. Les États-Unis (près de 10%) et l’Allemagne (plus de 6%) contribuent pour le reste, ainsi que le Canada et la Belgique.

Un tiers du transport stratégique

En matière de transport stratégique, cet appui est vital. Depuis début 2019, les États-Unis et le Canada ont transporté respectivement 315 tonnes et 43 tonnes de fret, dans le cadre des acheminements stratégiques entre la France au Sahel. Un chiffre à comparer aux quelque 676 tonnes de matériel transportées sur cette même période par l’armée de l’Air française.

Commentaire : Si le soutien allié à l’opération Serval comme à Barkhane n’est pas une nouveauté, une démonstration aussi appuyée est relativement inédit dans la communication des armées françaises, plus prompte à auto-célébrer son ‘autonomie stratégique’. C’est en effet une réalité : sans l’appui allié stratégique et tactique, de C-130 espagnols, d’A400M allemand ou de C-17 britanniques ou américains, difficile de mener une opération gourmande en hommes, matériels, munitions et approvisionnement. Nous l’écrivions dès le début de Serval (lire : Serval manque des avions ravitailleurs. Bilan des moyens alliés engagés). L’état-major des armées semble avoir besoin de brosser ses soutiens dans le sens du poil.

(Nicolas Gros-Verheyde)

(1) Sur cinq ans, selon un bilan dressé en 2018, les Espagnols de la mission Marfil basés au Sénégal ont transporté 3700 tonnes de fret et plus de 22.000 passagers, selon l’état-major des forces espagnoles.

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).

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