Face à la situation dans le Golfe, l’Europe atteinte de céphalée stratégique

(B2) Alors que le torchon brûle en Iran, que l’on est à deux doigts d’un affrontement armé entre les Américains, les pays du Golfe et la république islamique d’Iran, les Européens n’ont pas trouvé une minute lors de leur long sommet hier pour débattre d’une question hautement stratégique pour l’Europe

Klaus Iohannis et Emmanuel Macron (Crédit : Conseil de l’UE)

Ce n’est pas la peine de se glorifier des avancées en matière de politique étrangère ou de placer la défense « des intérêts et des valeurs de l’Europe dans le monde » comme une des priorités politiques pour l’avenir (1), si face à un évènement qui présente un risque majeur pour la stabilité du voisinage européen, il n’y a pas l’once d’une réflexion préalable.

Les Européens se révèlent encore une fois, plus préoccupés par leur nombril que par la réalité du monde qui les entoure. Encore une fois, en retard d’une guerre, ils vont devoir perdre de précieux jours à essayer de trouver une position commune, puis courir pour éteindre l’incendie avec un sceau d’eau… Pour finalement être réduits à faire une belle déclaration pour demander un peu de « retenue » aux belligérants, le respect du droit international humanitaire, à envoyer un peu d’aide humanitaire… et à accueillir les réfugiés. Idiot !

(Nicolas Gros-Verheyde)

(1) L’agenda stratégique 2019-2024 adopté à ce sommet prévoit ainsi que « l’UE doit suivre une ligne d’action stratégique et accroître sa capacité à agir de manière autonome ».

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