Elections 2019 : premières tendances générales

(B2) La physionomie du nouveau Parlement européen présente des nationalistes toujours plus forts, des Verts en très bonne forme et un groupe centriste des libéraux démocrates qui s’installe dans le rôle d’arbitre d’une nouvelle majorité

Soirée électorale au Parlement européen, dimanche 26 mai, B2/Hélène Court-Fortunaz.

La montée de la droite nationaliste rend encore plus rude la chute de la droite chrétienne démocrate. Sur la partie gauche de l’hémicycle, les socialistes perdent aussi, mais relativement moins sévèrement que prévu. La gauche radicale ne profite pas du mouvement des Gilets jaunes qui s’était déplacé jusqu’à Bruxelles ce dimanche.

NB. Ces chiffres sont en partie des résultats définitifs et des estimations à la sortie des urnes. Ils restent donc à confirmer par les résultats officiels. V3 Mise à jour mardi 28 mai, 15h41.

Premières tendances générales

La participation électorale est plus élevée qu’aux dernières élections, de 10 points en moyenne. Elle est de 50,95%. Cela marque une rupture et l’inversion d’une tendance depuis 1979 où le taux de participation, alors de 61,99%, n’a fait que décroitre.

Les chrétiens-démocrates du PPE perdent aussi du terrain, voire s’effondrent comme en France. Dans d’autres, comme en Hongrie, ils restent très forts. Mais ils ne disposent plus, avec le groupe S&D, de majorité absolue au sein de l’assemblée.

Les sociaux-démocrates amortissent la chute. Ils conservent la deuxième place en tant que groupe dans le nouvel hémicycle.

Les libéraux démocrates percent en France. L’alliance ALDE + Renaissance comme nouveau groupe a d’ailleurs été officialisée ce dimanche soir. Avec une centaine de députés, il se place au troisième rang et peut prétendre à jouer le faiseur de majorité.

Les Verts ont le vent en poupe, à commencer par l’Allemagne où ils atteignent le score de 22%. Ils reviennent en Autriche. Et en Irlande où ils font une percée surprise et fulgurante, à 15%. Ils s’installent nettement à la quatrième place.

Les nationalistes s’imposent. Ils grimpent, même à Chypre où cela ne suffit toujours pas pour décrocher un siège. Ils gardent la première place en France. Même si ce n’est pas la grande vague. Le groupe s’installe et prospère.

Les conservateurs – dans l’attente du vote des britanniques – ne semblent pas faillir tant que ça.

La gauche radicale sauve les meubles.

Un Parlement très morcelé

Projection du Parlement, mise à jour mardi 28 mai, à 13h15

La dernière projection du nouveau Parlement avec les résultats de 28 États membres confirme la poussée des Verts, forts de 69 députés. Le groupe ALDE+R atteint son objectif et dépasse la centaine (107). Il se place en troisième position derrière le PPE, qui reste premier avec 177 députés mais en perd 44 par rapport à 2014, toujours suivi du groupe du S&D, deuxième avec 149 députés qui perd lui 42 élus.

Trois autres groupes sont au coude à coude : les conservateurs (62 députés) qui perdent la troisième place en même temps que 8 sièges, les droites nationalistes ENL (54 députés) et le EFDD (54 députés) *. Le groupe de la gauche radicale tombe à l’avant-dernière place, avec 39 députés (chute de treize), devant les Autres (28) qui seront à ranger dans les différents groupes et les 8 non inscrits.

(Emmanuelle Stroesser)

(*) Attention ! Ces chiffres sont à prendre avec des pincettes. Sauf déclaration précise, les partis sont reclassés dans les groupes auxquels ils appartenaient dans l’ancien Parlement. Ces chiffres pourraient donc évoluer. Lire aussi : résultats pays par pays