John Bolton s’en va-t-en guerre. L’USS Abraham Lincoln envoyé en guise d’avertissement

(B2) Les États-Unis l’ont annoncé dimanche (5 mai) avec tambours et trompettes. Ils sont déterminés à faire plier l’Iran. Message signé de John Bolton

(crédit : US Navy / 6th Fleet)

Ils vont déployer un groupe aéronaval constitué du porte-avions USS Abraham Lincoln (CVN-72) et d’une force aérienne de bombardiers dans la région du Central Command. C’est une « réponse à un certain nombre d’indications et d’avertissements inquiétants et d’escalade » indique le conseiller à la sécurité nationale américain dans un communiqué.

Un message clair au gouvernement iranien

Il s’agit « d’envoyer un message clair et sans équivoque au régime iranien que toute attaque contre les intérêts des États-Unis ou de ceux de nos alliés se heurtera à une force implacable ». L’avertissement se veut clair envers toutes les forces iraniennes. « Les États-Unis ne cherchent pas la guerre avec le régime iranien, mais nous sommes tout à fait prêts à réagir à toute attaque, que ce soit par procuration, par le corps des gardiens de la révolution islamique ou par les forces iraniennes régulières. »

Un groupe aéronaval présent en Méditerranée pour un exercice de l’OTAN

Le groupe aéronaval (CSG 12 ou Carrier Strike Group 12) est normalement composé, côté navires, de l’USS Bainbridge (DDG-96), de l’USS Mason (DDG-87), de l’USS Nitze (DDG-94), avec la contribution de la frégate espagnole ESPS Méndez Núñez (F-104), comme le précise le QG de la 6e flotte US. Côté avions, c’est le CAW7 – Carrier Air Wing 7 – composé de Super Hornet F/A-18 qui arme le groupe.

Exercice de l’OTAN et diplomatie navale

L’USS Abraham Lincoln était en Méditerranée, jusqu’à peu dans le cadre d’un exercice Mare Aperto, commencé le 29 avril et prévu pour se dérouler jusqu’au 10 mai (1). Il a également assuré plusieurs visites de ports, notamment le 3 mai en Albanie avec visite d’officiels à bord.

Un déploiement déjà prévu ?

De fait, il semble bien que le déploiement du groupe aéronaval soit un peu de la gesticulation puisque sa feuille de route indiquait d’ores-et-déjà qu’il allait rejoindre la mer Rouge, le golfe Persique et l’océan Indien… Simplement le déploiement a été un peu anticipé. De l’art de faire d’un déploiement ordinaire, une opération de communication politique agressive…

(Nicolas Gros-Verheyde)

(1) Un exercice considéré comme le plus ambitieux de la marine italienne, avec 40 navires participants, 5 sous-marins et 30 avions.