Espagne. Le PSOE sort vainqueur sans majorité absolue

(B2) Le parti socialiste espagnol (PSOE) arrive en tête des élections générales tenues dimanche (28 avril), devançant largement son principal concurrent le parti populaire (PP) qui s’écroule, à un point à peine du parti centriste de Ciudadanos (CS). La gauche de Podemos perd aussi des plumes (passant en 4e position).

Après une campagne tendue, l’élection est marquée par le taux de participation : 75,78 %. Soit neuf points de plus qu’en 2016 et cinq de plus qu’en 2015, selon le ministère espagnol de l’Intérieur. Signe de la crispation politique et de la préoccupation des Espagnols.

Un PSOE sans majorité absolue, et Podemos en rase-campagne

Le Parti socialiste (PSOE) a obtenu 29% des voix et 123 des 350 sièges du Congrès des députés, soit nettement plus qu’aux législatives de 2016, mais loin de la majorité absolue de 176 sur 350 à la chambre. Une victoire qui s’est faite aux dépens de Podemos, qui n’a convaincu que 14% des Espagnols et perd 29 sièges.

Des indépendantistes et régionalistes faiseurs de rois ?

Les autres heureux sont les indépendantistes (Basques et Catalans), qui obtiennent 26 sièges dont 15 pour la Gauche républicaine de Catalogne (ERC), considérée comme le parti indépendantiste le plus modéré. Ce parti pourrait devenir un faiseur de rois. Parmi les Catalans nouvellement élus, cinq séparatistes catalans, détenus et jugés actuellement à Madrid pour leur rôle dans la tentative de sécession de la Catalogne en 2017. A ceux-là, il faut ajouter les nationalistes du Parti national Basque (PNV).

La droite fragmentée

Très fragmentés, les partis de droite ne cumulent pas suffisamment de sièges pour prétendre à une alliance contre le bloc de gauche, permettant de répéter le succès obtenu aux élections régionales d’Andalousie, en décembre 2018. Et ce, malgré l’irruption du parti d’extrême-droite (Vox) avec 10% des voix. Le nouveau parti n’a pas fait l’entrée fracassante prédite, mais récupère une partie des déçus de la droite. Les conservateurs du Parti populaire (PP) ont en effet perdu la moitié de leurs sièges, et retombent à 66 députés, contre 137 en 2016. Les libéraux de Ciudadanos ont réussi une belle percée, passant de 32 à 57 députés.

Un difficile jeu des alliances commence

Le résultat est un parlement fragmenté et des divisions exacerbées par la tentative de sécession de la Catalogne en 2017. Le PSOE, qui n’a pas la majorité absolue, devra former une coalition pour gouverner. Si l’intuition naturelle serait de s’allier avec la gauche de Podemos, les socialistes pourraient aussi se tourner vers les libéraux de Ciudadanos. L’association avec l’ECR est difficile, puisque ce sont eux qui ont fait tomber le gouvernement actuel, refusant de le soutenir pour adopter le budget de 2019. Le besoin d’une coalition s’impose désormais à tous les partis. Aucune tête de liste n’a fermé la porte à des alliances avec d’autres partis (à l’exception de l’extrême droite), sachant que ce type d’attitude avait mené à un blocage en 2015, et à l’organisation de nouvelles élections en 2016.

(NGV & LH)

Résultats 2019 – 4h34 du matin – avec 99,99% des bulletins – comparaison 2016 dans le cercle intérieur (source : El Pais)

Rédaction de B2

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