Sauver ou périr (film)

Sauver ou périr (film)

(B2) L’histoire est simple : Franck un jeune pompier par passion (Pierre Niney) est grièvement brûlé lors d’une tentative d’extinction d’un gros incendie en banlieue nord de Paris. S’ensuit une lutte pour survivre, revivre, vivre tout simplement, avec sa compagne Cécile (Anaïs Demoustier).

La première partie du film montre les sapeurs-pompiers de Paris dans leur quotidien, entraînement, sport, briefing, départ en urgence, avec toute la palette des secours, sans oublier le traditionnel bal du 14 juillet. Rires, gravité, adrénaline, esprit de corps, tristesse rythment cette partie qui s’apparente plus à un documentaire de la vie en caserne. C’est la caserne Rousseau dans le Ier arrondissement qui a servi de cadre à ces images. Intéressant, mais en soi assez peu nouveau, sauf à le voir en grand écran… Un vrai hommage au travail, très engagé, des hommes et femmes de la BSPP. Mais on a connu des reportages de 26 ou 52 minutes bien plus étoffés. En fait, cette partie est tellement bien léchée qu’on croyait un clip de promotion. On n’aurait pas été étonné de voir un bandeau en sous-titre, ‘engagez-vous’. C’est dommage…

L’accident qui frappe Franck provoque une brutale chute du récit. Comme la vie du pompier s’est arrêtée, le changement de rythme fait patiner, presque s’enliser le cours du film. Celui-ci ne reprend en fait vraiment de la vigueur que quelques dizaines de minutes plus tard, quand le pompier grièvement brûlé au visage sort de son silence.

S’amorce alors une lutte contre lui-même, mais plus sûrement atteint dans son mental, dans la lente reconstruction de sa chair et de son âme. Des moments poignants, émouvants, justes. Une lutte où il est accompagné de toute une équipe de soignants dont Nathalie (Chloé Stefani) lumineuse dans son rôle d’infirmière. « J’ai sauvé et j’ai péri » dira-t-il dans un hommage qui lui est rendu. « Péri » il ne l’a pas été finalement, comme ce film qui a bien failli périr, en retardant au maximum le cœur de son récit. 

(NGV)