Trident Juncture, le grand exercice de l’OTAN se prépare

(B2) Les premières grandes colonnes de véhicules et d’équipements destinés à l’exercice Trident Juncture de l’OTAN vont bientôt se lancer sur les routes du Trøndelag dans le centre de la Norvège. Les premiers navires ont commencé à débarquer depuis lundi matériel et équipement dans les ports de Fiborgtangen près de Trondheim et Hammarnesodden au sud de Namsos.

(crédit : Défense norvégienne)

Un des plus gros exercices depuis 2002

Près de 40 000 soldats, jusqu’à 10 000 véhicules, sont attendus du 25 octobre au 7 novembre pour ce qui ressemble à un des plus gros exercices organisés par l’Alliance atlantique depuis la fin de la guerre froide. Le dernier Trident Juncture, en 2015, rassemblait « environ 36 000 personnes ». Le dernier qui a atteint le niveau de 40 000, l’exercice Strong Resolve se déroulait en 2002 en Norvège et en Pologne. Se déroulant dans les quatre dimensions — terre, mer, air avec un peu de cyber —, il rassemblera des militaires d’une trentaine de pays (les 29 de l’Alliance + la Suède et la Finlande). 130 avions et 70 avions seront mobilisés, dans le voisinage, sur une zone plus large s’étendant sur l’espace aérien finlandais et suédois ainsi que la mer baltique. Un exercice de commandement post exercice (CPX) se tiendra du 14 au 23 novembre.

Tester la clause de défense collective

Thème de l’exercice : la solidarité entre alliés et la mise en œuvre de la clause de défense collective de l’article 5. Trident Juncture « va montrer au monde que l’OTAN est pertinente, unie et prête à se défendre. Il démontre l’engagement de l’OTAN à renforcer et à défendre tous les Alliés en temps de crise, ainsi que la capacité de l’OTAN à se défendre collectivement dans le Grand Nord », a indiqué l’amiral James G. Foggo III, commandant des forces interarmées de Naples, qui assurera la direction de l’exercice (sur mer). Tandis que le général Christian Juneau, officier canadien du régiment de Vingt-deux, gèrera les troupes sur terre. L’Alliance va tester notamment sa toute nouvelle Very High Readiness Joint Task Force, sa force de réaction super-rapide.

Le froid, la neige, la boue

Les Norvégiens ont promis la pluie, la neige et la boue pour cet exercice qui sera « juste au-dessous du cercle polaire arctique ». « Statistiquement, en octobre novembre, il y a de la pluie ou de la neige et du vent. Et il pourrait y en avoir beaucoup », a promis le vice-amiral Ketil Olsen, représentant militaire norvégien à l’OTAN. « La température sera autour de 0°. Ce qui signifie que lorsque vous vous réveillez le matin, il y aura une fine couche de glace sur votre seau d’eau et sur les routes. »

Des observateurs étrangers

Des observateurs — de tous les pays membres de l’OSCE (au besoin russes) — pourront assister à l’exercice à titre d’observateurs. C’est une obligation selon la règle du document de Vienne, établi dans le cadre de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, dès qu’un exercice dépasse 13.000 participants.

(Nicolas Gros-Verheyde)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen à l'université Paris I Pantheon Sorbonne. Journaliste professionnel depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir). Auditeur de la 65e session de l'IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale).