Les flux migratoires baissent-ils ? Combien de personnes sont arrivées en Italie ou en Espagne ?

(B2) Les chiffres d’arrivées par la mer Méditerranée ont largement baissé en 2018. Mais elles restent dans un rythme assez soutenu cependant, et avec un taux de mortalité non négligeable

Le nombre de personnes arrivées sur les côtes italiennes a-t-il diminué ?

Oui sans conteste. Selon l’Organisation internationale des migrations, la baisse est significative. Sur une même période de l’année (1er janvier – 17 juin), on observe 16.394 arrivées en 2018 contre 72.954 arrivées en 2017. Soit un ratio de 22% en 2018 par rapport à 2017.

Le flux est-il stoppé ?

Non. Au mois de juin (jusqu’au 24 juin), près de 3000 personnes sont arrivées (2964 exactement). Si on regarde sur une simple semaine d’arrivée, entre le 18 et le 24 juin, on observe un flux continu : un peu moins de 800 personnes sont arrivées.

La mortalité a-t-elle diminué ?

Non. Le nombre de morts en revanche (contrairement à ce qui est dit parfois) ne diminue pas. Au contraire. Il s’élève certes (seulement) à 635 contre 2052 pour la même période de 2017. Pour la seule semaine du 18 au 24 juin, on déplore 115 morts. Mais en chiffres relatifs, le pourcentage augmente légèrement : on est passé de 2,8% à 3,9%. Soit un point de plus.

Combien de personnes ont été stoppées et ramenées en Libye ?

Aux personnes accueillies en Italie, il faut ajouter celles ramenées à terre par la garde côtière libyenne : 9459 migrants sur la période de l’année. A comparer aux 9337 de la même période en 2017, on est sur des chiffres assez semblables (+122 seulement).

Combien de personnes l’Italie a-t-elle accueilli depuis le début de la crise ?

Selon l’OIM, l’Italie a accueilli depuis 2012 près de 680.000 personnes (38.000 en 2013, 170.100 en 2014, 153.800 en 2015, 181.400 en 2016, 119.300 en 2017 et 15.400 pour les premiers mois de 2018).

La route de Méditerranée centrale est-elle la principale concernée ?

Non. Depuis peu, les flux ont repris sur la route de la Méditerranée occidentale, vers l’Espagne. Ces derniers mois, ils sont même très supérieurs et représentent quasiment le double de ce qui est observé sur la route de Méditerranée centrale : 5300 vers l’Espagne contre près de 3000 vers l’Italie.

Quant à la route orientale, vers la Grèce, elle ‘fuit’ régulièrement avec 1862 personnes arrivées jusqu’au 24 juin. Dans les trois premières semaines de juin, au total, il y a déjà environ 10.000 personnes (10.126 exactement) qui sont arrivées par voie de mer.

Pourquoi la Commission européenne affiche-t-elle un score de 290.000 personnes sauvées grâce à l’Union européenne depuis février 2016 ?

Tout simplement car elle agglutine tous les chiffres (histoire de les gonfler un peu). Elle prend en compte ainsi les personnes recueillies par les opérations EUNAVFOR Med Sophia (PSDC) et Triton/Themis (Frontex) ainsi que l’action des garde-côtes italiens, des Guardia Di Finanza et de la marine, en distinguant pas entre les sauvetages ‘primaires’ (recueil en mer) et les ‘secondaires’ (transbordement d’un bateau à un autre).

(Nicolas Gros-Verheyde)