Une journaliste monténégrine blessée par balles à Podgorica

(B2) Une journaliste de Vijesti, Olivera Lakić a été blessée par balle, chez elle mardi (8 mai) à Podgorica. Une attaque qui vise encore une fois (comme à Malte ou en Slovaquie), des journalistes enquêtant sur les crimes organisés.

Une embuscade

Un homme lui a tiré dans la jambe droite, tandis que deux autres hommes se sont enfuis, selon le rédacteur en chef de Vijesti. Elle a été emmenée à l’hôpital et reste dans un état stable. Une attaque condamnée par les fédérations européenne et internationale des journalistes (EFJ / FIJ) qui soutiennent le syndicat des journalistes du Monténégro (SMCG).

Une journaliste d’investigation sur les mafias

Olivera Lakić travaille comme journaliste d’investigation pour le quotidien Vijesti. Elle est connue pour ses enquêtes sur le crime et la corruption au Monténégro. Selon les médias, elle a écrit sur des entreprises illégales présumées liées aux hauts fonctionnaires de l’État et à leurs familles, ainsi que sur le Parti démocratique des socialistes, au pouvoir depuis longtemps au Monténégro, accusé de corruption et de crime.

Une certaine impunité dans l’air au Monténégro

Cette attaque brutale est la deuxième du genre. Il y a six ans, Lakić a reçu plusieurs coups de poing à la tête après avoir écrit sur des allégations de transactions illégales concernant une usine de tabac. L’auteur a été condamné à la prison et Olivera Lakić était sous la protection de la police pendant un certain temps. Mais selon le syndicat des journalistes du Monténégro, les autorités monténégrines n’ont pas enquêté sur qui a ordonné les menaces et les attaques contre elle et n’ont pas non plus suivi les allégations de Lakić concernant la contrebande de cigarettes.

(NGV)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).