Pour la dénucléarisation de la Corée du Nord, le Sud se tourne vers l’UE (Hyoung-zhin Kim)

 (B2) Le sommet inter-coréen de ce vendredi (27 avril) est le troisième du genre. C’est surtout un geste historique de Kim Jong-un, qui se rendra, pour la première fois, sur le sol de la Corée du Sud, pour rencontrer le président Moon Jae-in. Le point d’orgue d’un spectaculaire réchauffement de la péninsule coréenne, encore inimaginable il y a quelques mois. B2 a choisi de donner la parole à Hyoung-zhin Kim, l’ambassadeur sud-coréen à Bruxelles. Pas de naïveté, avertit-il, la dénucléarisation ne sera pas chose aisée.

L’espoir d’un printemps nord-coréen

Dans une optique de changement, des dialogues sont en cours pour la paix et la dénucléarisation de la péninsule coréenne. Les Jeux olympiques d’hiver de PyeongChang ont donné l’élan nécessaire à ces discussions. Le printemps peut enfin s’annoncer au devant du dernier vestige de la guerre froide, la péninsule coréenne. Le 5 mars dernier, le leader nord-coréen s’est engagé devant des envoyés spéciaux sud-coréens à dénucléariser la péninsule coréenne, déclarant que c’est la volonté de ses défunts père et grand-père. Peu après, la Corée du Nord a annoncé le 20 avril qu’elle arrêterait les essais nucléaires et les lancements d’ICBM (NDLR.: les missiles balistiques ou Intercontinental Ballistic Missiles).

Des sanctions qui ont commencé d’avoir un effet

Qu’est-ce qui se cache derrière le changement de politique en Corée du Nord ? La première explication peut venir des efforts constants de la communauté internationale pour pousser la Corée du Nord à changer de comportement. Les sanctions ont commencé à avoir un effet. Deuxièmement, la Corée du Nord semble vouloir accomplir la deuxième partie de son double objectif de développement d’armes nucléaires et de développement économique. En lançant un nouveau missile ICBM en novembre dernier, le pays a voulu démontrer la puissance de sa force nucléaire capable d’attaquer les États-Unis. Ironiquement, cela semble maintenant justifier la relance du dialogue.

Ne soyons pas naïfs, ce ne sera pas facile

Il est naïf de penser que la dénucléarisation de la Corée du Nord sera facile, compte tenu des nombreuses tentatives ratées jusqu’à présent. C’est pourquoi mon gouvernement mène des consultations actives avec ses partenaires. En particulier, la Corée et les États-Unis travaillent en étroite collaboration afin que les deux sommets avec la Corée du Nord puissent être complémentaires et assurer la dénucléarisation complète et définitive.

Des sanctions qu’il faut maintenir jusqu’à un progrès substantiel

L’UE et la Corée entretiennent des relations étroites. Pour preuve, mon ministre des Affaires étrangères s’est joint au Conseil des affaires étrangères le 19 mars dernier. Les deux parties conviennent que la question nucléaire en Corée du Nord, constituant une menace pour le monde, devra être résolue pacifiquement par une combinaison de sanctions et de dialogues. Les sanctions devront être maintenues jusqu’à ce que la dénucléarisation de la Corée du Nord progresse sensiblement.

Un soutien continu de l’UE est nécessaire

Avec le slogan « Paix, le nouveau départ », mon gouvernement fait de son mieux pour saisir cette chance unique d’écrire un nouveau chapitre de la paix au-delà des conflits et des confrontations. Il s’efforce de réaliser la dénucléarisation complète de la Corée du Nord et une paix durable pour la péninsule coréenne: dans ce processus, elle se tourne vers le soutien continu de l’UE.

Hyoung-zhin Kim

Ambassadeur de la République de Corée auprès de l’Union européenne, la Belgique, le Luxembourg et l’OTAN

Ces propos n’engagent que l’intéressé. Titres, intertitres et complément biographique sont de la rédaction

  • Hyoung-zhin Kim est depuis novembre 2016, l’ambassadeur de la Corée du Sud auprès de l’Union européenne. Il a été en poste à Washington (1990-1993, 2005-2009), à Pékin (1999 – 2002) et a occupé plusieurs postes plus politiques : conseiller du ministre des Affaires étrangères (2009-2010), du président (2013-2014) et ministre adjoint » pour la planification et la coordination (2015), puis pour les Affaires politiques au ministère des Affaires étrangères (2016).