Frappe militaire en Syrie. Quelques ratés dans l’envoi des missiles

(B2) La ministre des Armées Florence Parly a refusé vendredi (20 avril) de commenter les informations de presse faisant état d’aléas techniques expérimentés par les armées françaises lors des frappes occidentales en Syrie, qui auraient empêché de tirer autant de missiles que prévu.

Pas de commentaire sur des informations classifiées

« Je n’ai pas l’intention de commenter les performances de tel ou tel système d’armes, ces informations, qu’elles soient vraies ou fausses, sont classifiées, je ne les commenterai pas », a réagi la ministre sur France Bleu Provence. « Nos objectifs ont été atteints et nous n’avons rien à ajouter concernant la performance des systèmes d’armes », a-t-elle fait valoir. L’état-major des armées, contacté vendredi, n’est naturellement pas plus prolixe: « L’effet militaire a été atteint. Nous ne commentons pas les détails de la planification opérationnelle ».

Un Scalp manquant

Lors des frappes, Paris a annoncé avoir tiré douze missiles de croisière (9 depuis des Rafale, 3 depuis une frégate) sur la centaine ayant visé la Syrie dans le cadre de ces frappes. D’après le blog Le Mamouth, suivi par d’autres médias, un Rafale n’a pas réussi à tirer l’un des dix missiles Scalp devant être lancés depuis les airs par les avions français.

NB : en général, les Rafale sont équipés de deux missiles qui sont tirés en même temps. Le chiffre de 9 tirs, assurés par 5 Rafale, annoncé officiellement, était donc assez étrange. Le missile a finalement été largué en mer.

Et un raté maritime

En parallèle, d’après la Lettre A, et plusieurs autres confrères, la marine aussi connu quelque soucis avec ses missiles. La frégate Aquitaine qui devait assurer les premiers tirs a connu un raté au lancement et n’a pu assurer sa mission. C’est la frégate Languedoc qui a dû prendre le relais, pour assurer le lancement de trois missiles de croisière navals (MdCN).

NB : un raté qui n’a pas vraiment entravé la mission générale. Ce type de ratés est courant dans des missions de frappes. D’où en général, une planification assez large en termes de nombre de missiles envoyés sur les cibles. En l’occurrence, avec 103 missiles sur trois « petits » objectifs, les alliés avaient prévu très, très large !

Une première utilisation opérationnelle

C’est la première fois que la France employait ce type de missile, d’une portée de 1.000 km, rejoignant ainsi le club fermé des pays disposant, comme les États-Unis et la Russie, de missiles de croisière embarqués sur des bâtiments de surface. « Pour la première fois, sans moyens amphibies, sans forces spéciales, sans porte-avions, avec les frégates notre pays dispose d’un missile qui peut toucher des installations en profondeur sur les territoires adverses », a déclaré à l’AFP le chef d’état-major de la Marine, l’amiral Christophe Prazuck,

Une capacité unique en Europe

« A l’intérieur de l’Union européenne, la France est la seule à disposer de cette capacité » a-t-il ajouté. « Les objectifs ont été touchés. C’est une première démonstration opérationnelle de l’efficacité du système. Néanmoins on a toujours une expérience à retirer de l’ensemble du processus, c’est ce qu’on va faire dans les semaines qui viennent », a-t-il ajouté, sans plus de détails.  Ces missiles de croisière navals sont appelés à équiper prochainement les sous-marins nucléaires d’attaque français Barracuda, dont le premier exemplaire doit entrer en service en 2020.

(Nicolas Gros-Verheyde, avec AFP et Romain Mielcarek, à Paris)

Article complété le 22.04