Frappe turque sur un hôpital kurde d’Afrin : 16 civils au tapis

(B2) Seize civils, dont deux femmes enceintes, ont été tués vendredi (16 mars) dans une frappe aérienne turque qui a touché le principal hôpital de la ville kurde d’Afrin, dans le nord-ouest de la Syrie, a indiqué l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH). Le Croissant-Rouge, dont des employés travaillent dans l’établissement, a confirmé à l’AFP la frappe, sans fournir de bilan. Aucun membre du personnel hospitalier ne figure parmi les victimes, a-t-il ajouté.

Une information confirmée par Serwan Bery, haut responsable du Croissant-Rouge kurde, qui précise qu’il s’agissait du « seul hôpital opérationnel dans la ville d’Afrin ». Ces derniers jours, l’étau s’est resserré sur Afrin, que les civils fuient par milliers. Le spectre d’un siège ou d’un assaut sur cette cité de quelque 350.000 habitants fait craindre un nouveau drame humanitaire en Syrie. Au moins 15.000 personnes ont fui Afrin vendredi, selon l’Observatoire.

L’armée turque et ses supplétifs syriens mènent depuis le 20 janvier une offensive militaire contre Afrin, une région contrôlée par les Unités de protection du peuple (YPG). Cette milice kurde est considérée comme terroriste par la Turquie mais alliée des États-Unis dans la lutte contre l’organisation de l’État islamique (EIIL/ISIL).

La Ghouta orientale objet des frappes du régime syrien

Dans la Ghouta orientale, la situation n’est pas meilleure. Le régime syrien, aidé militairement par son allié russe, poursuit sans relâche son offensive entamée le 18 février, en dépit des condamnations internationales et des appels à un cessez-le-feu. Vendredi, 80 habitants de la Ghouta orientale ont été tués, principalement dans des raids sur Saqba et Kfar Batna, d’après l’OSDH, qui a attribué les frappes à l’aviation russe.

L’armée a assuré avoir repris 70% de ce qui constituait l’ultime bastion rebelle aux portes de Damas, désormais morcelé en trois secteurs, et a exhorté les habitants de ces secteurs rebelles à fuir via des « couloirs sécurisés ». Au moins 1.350 civils, dont 270 enfants, ont été tués et des milliers blessés en près d’un mois de bombardements, selon l’OSDH.

(avec AFP)