Un para des forces spéciales mort au combat au Levant

Un para des forces spéciales mort au combat au Levant

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(B2) « Un adjudant du 13e régiment de dragons parachutistes est mort au Levant dans l’accomplissement de sa mission ». Le message émanant de l’état-major des armées est court et succinct et plutôt flou sur la zone de combat. Le Levant reste vaste.

Le militaire français est « mort dans un incident au combat au Moyen-Orient » dans le cadre de la « coalition » (conduite par les Américains) complète un communiqué de l’opération Inherent Resolve, parvenu à B2, sans plus de détail sur la zone. Interrogé l’officier de permanence renvoie vers les autorités nationales pour tout détail supplémentaire notamment les circonstances du décès. Un communiqué de l’Elysée a confirmé la notion de combat en restant tout aussi évasif sur le lieu se contentant de préciser le moment, ce samedi 23 septembre « au matin ».

Mort au combat

Les armées préfèreront ensuite utiliser le terme de « zone irako-syrienne » apportant quelques précisions sur les circonstances du décès. « Des actions de combat ont opposé les combattants des forces locales et des membres de Daech. Des tirs ont été échangés, certains touchant une position de militaires français qui conseillaient ces forces locales » C’est « lors de cet accrochage » que l’adjudant-chef Grenier (cf. encadré) a été « touché mortellement ».

Un engagement dans les combats

C’est la première fois depuis le début de l’intervention militaire française en Irak (et en Syrie) dans le cadre de la coalition dirigée par les Américains qu’un militaire français meurt au combat dans la région. De manière incidente, on peut ainsi apprendre que les militaires français ne font pas que du training (formation) ou des frappes aériennes, comme souvent mentionnés, mais du mentoring (encadrement) plus intensif et sont donc impliqués plus directement au sol, sur le terrain.

Des forces spéciales

Ce n’est pas illogique. ce type d’opérations ne se mène pas sans forces spéciales au sol. Le 13e RDP est un régiment de parachutistes, basé à Souge (Gironde), et spécialisé dans le renseignement.

Intégré dans la brigade des forces spéciales de l’armée de terre, ses hommes ont prêté main forte à toutes les opérations extérieures, que ce soit au Sahel, en Côte d’Ivoire, en Afghanistan ou en Somalie. En général, ils opèrent sous la direction du COS (commandement des opérations spéciales), voire de la DRM (direction du renseignement militaire).

La coalition Inherent Resolve est actuellement engagée sur plusieurs points, notamment à Raqqa en Syrie et à Tal Afar et surtout à Hawijah, ville située dans la vallée de l’Euphrate, en Irak, occupée depuis 2014 par l’état islamique. Les forces de sécurité irakienne, épaulées par les alliés, y ont entamé une vaste offensive depuis jeudi (21 septembre).

(Nicolas Gros-Verheyde)

(Maj) Un membre de l’escadron nautique

Agé de 34 ans, né à Caen, l’adjudant-chef Stéphane Grenier a accompli la totalité de sa carrière militaire au 13e RDP, depuis qu’il s’y est engagé fin 2003. « Repéré dès sa formation initiale comme faisant partie des meilleurs de sa génération », il avait réussi avec succès l’ensemble des sélections lui permettant d’intégrer les équipes de recherche du 13e RDP. Il excelle dans chacune des opérations spéciales de recherche de renseignement réalisées avec l’escadron nautique du 13e RDP. Il est engagé en opération en Bosnie-Herzégovine en 2005. Breveté chef de cellule en équipe de recherche aéroportée, il continue avec l’opération en Côte d’Ivoire en 2007 et en 2008, au moment où le pays hésite entre la paix et la guerre (1)

Il sera ensuite engagé en Afghanistan, en 2009 puis en 2010, au sein du Groupement de forces spéciales JEHOL, en province de Kapisa. Il y est alors cité « pour son courage et son professionnalisme dans des actions périlleuses de recueil de renseignements ». Il retrouve le théâtre afghan en 2013, après « d’autres opérations de contre-terrorisme dans la corne de l’Afrique », en Somalie. Devenu chef d’équipe de recherche au 13e RDP en 2014, il s’engage à la tête de son équipe dans plusieurs opérations spéciales sensibles et complexes, au Sahel en 2014 puis au Proche-Orient en 2016. Il était pacsé et père d’une petite fille.

(1) Un attentat à la roquette (manqué) vise le Premier ministre ivoirien Guillaume Soro en juin 2007 à Bouaké et l’accord politique de Ouagadougou est signé.


Mis à jour le 29.9 avec la biographie du militaire décédé et les circonstances du décès.