Afghanistan, la réforme de la gestion de crise progresse… doucement

(Crédit: EUPOL Afghanistan)
(Crédit: EUPOL Afghanistan)

(BRUXELLES2) Les experts de la mission EUPOL Afghanistan soutiennent le ministère de l’Intérieur afghan dans la réforme de leur structure de gestion de crises. En janvier 2016, le document stratégique de gestion de crises est entré en vigueur. Il inclut une procédure de fonctionnement standard, visant à renforcer les capacités de la Police nationale afghane. Reste maintenant à passer de la théorie à la pratique…

De nouvelles pratiques à enseigner aux recrues

Pour diffuser les nouvelles pratiques, quoi de mieux que de commencer par les nouvelles recrues? C’est l’idée d’EUPOL, qui a organisé un premier séminaire avec des officiers supérieurs de la police afghane et un groupe d’enseignants en charge de la formation des recrues. Pendant une semaine, ils ont étudié de vrais scénarios d’incidents, pour analyser la réaction actuelle et vérifier sa conformité aux plans de réformes. Au résultat : la rédaction d’un guide du formateur qui sera intégré dans le système de formation afghan.

Premier test de haut niveau …

Début mai, un exercice de simulation a été effectué dans les locaux d’EUPOL, en utilisant la procédure de fonctionnement standard (SOP). B2 a pu savoir que les simulations ont tourné autour de deux cas concrets : une attaque terroriste lors de la visite d’un représentant VIP d’un Etat étranger et des manifestations violentes simultanées de grande ampleur dans divers point de Kaboul. L’exercice a permis d’analyser la coordination entre les responsables de différentes unités: police, lutte contre-terrorisme, unité policière dédiée aux catastrophes naturelles, pompiers, unité Tashkeel (en charge de la réforme de la structure de la police).

Des défis toujours à résoudre …

Les deux exercices pratiques ont permis d’identifier des défis sur lesquels continuer à travailler. Les structures du ministère afghan de l’Intérieur restent trop hiérarchiques et empêchent une « réponse rapide et efficaces » aux crises. De manière plus circonstancielle, les experts d’Eupol signalent la difficulté pour les Afghans à se concentrer sur le travail de planification, notamment l’élaboration d’une procédure standardisée, tout en luttant contre l’insurrection.

Un accord historique entre Police et Justice 

Un point d’inflexion dans la réforme afghane a été pris le 28 mai 2016. Le ministre de l’Intérieur, le général Taj Mohammad Jahed, et le procureur général, Farid Hamidi ont signé la procédure opérationnelle standard (SOP) mettant en place une coopération systématique entre la police et le procureur général et son bureau. Pour la chef de la mission européenne, Pia Stjernvall, c’est le résultat « d’années de conseil de la part d’EUPOL. Ce SOP va renforcer la coopération entre le ministère de l’Intérieur et le bureau du Procureur général dans la lutte contre la corruption. » Un thème qui « ne manque pas de défis en Afghanistan » où la coopération entre ces institutions n’a jamais été vraiment réglementée 

… A suivre de prêt

EUPOL va surveiller la mise en oeuvre de cet accord jusque ce que son mandat finisse, à la fin de 2016. « Les Etats membres de l’UE ont décidé que ce travail continuera ». Un groupe de suivi doit être instauré. Son mandat et sa forme sont encore en discussion… comme le futur de la mission elle-même.

(LH)

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