Faute de pirates, les gardes de sécurité d’un thonier espagnol s’entretuent

Pêcheurs espagnols aux Seychelles (© NGV / B2)
Pêcheurs espagnols aux Seychelles (© NGV / archives B2)

(B2) La police seychelloise enquête sur une affaire peu anodine, survenue à bord d’un bateau basque, le Txori Gorri, en plein océan indien. Deux des agents de sécurité qui sont sensés protéger le thonier dès qu’il est en pêche en mer, contre les pirates, se sont entretués dans une altercation, fratricide, semble-t-il.

Un tir mortel…

Selon l’enquête préliminaire de la police seychelloise, et les propos du capitaine du navire, rapportés par l’agence seychelloise d’information, « un agent de sécurité a tiré sur un de ses collègues à 16 h vendredi dernier, le blessant mortellement ». Information détaillée par le quotidien espagnol El Pais, citant des sources au sein des forces et corps de sécurité de l’Etat.

… suivi d’un suicide

Le thonier se trouvait entre Madagascar et les îles Seychelles, à environ 90 miles de Port Victoria, lorsqu’une « vive discussion » entre les deux agents de sécurité a provoqué une fusillade. « Un des gardes, Juan José Vera Carrillo, a alors abattu mortellement son partenaire, Juan Manuel Martinez Marchante, » avant d’aller se retrancher dans une cabine du bateau puis de se suicider.

Un thonier basque habitué de l’océan indien

Le Txori Gorri appartient à Inpesca, basé à Bermeo, au pays basque espagnol, et bat pavillon espagnol. Il avait été attaqué à au moins une reprise par les pirates somaliens notamment en mars 2010, le 18 mars, selon nos données. Attaque restée sans succès, le navire ayant réussi à s’enfuir (lire : Les thoniers dans l’Océan indien subissent une attaque chaque jour). Quelques mois plus tôt, le 19 novembre 2009, repérant un navire suspect avec des pirates, à environ 6 miles nautiques de l’endroit où il pêchait, il avait pris la poudre d’escampette. Aucune attaque n’avait alors été déplorée.

Des thoniers protégés par des gardes privés depuis fin 2009

J’avais pu rendre visite à son frère jumeau, le Txori Aundi, en octobre 2009, quand il attendait désespérément de pouvoir reprendre la mer avec des gardes privés à bord. Ce navire, qui bat pavillon des Seychelles, avait pu bénéficié de la protection privée, mise en place par le gouvernement espagnol. Madrid ayant choisi cette solution plutôt qu’une solution militaire choisie par la France. Lire : Thoniers basques aux Seychelles: « Nous sommes des pêcheurs, pas des militaires »

(NGV)