Ivanović reconnu coupable de crime de guerre

(B2) Le tribunal de Mitrovica, composée d’un panel de juges internationaux, a déclaré jeudi (21 janvier), Oliver Ivanović, coupable d’avoir commis le délit de « crime de guerre contre la population civile ». Les juges ont estimé que les faits reprochés à l’accusé sont prouvés et l’ont condamné à 9 ans de prison, nous apprend la mission européenne sur place EULEX Kosovo. Arrêté en janvier 2014, il a été maintenu sous les écrous.

Cas sensible

Un dossier sensible car Ivanović faisait partie des « gardiens du pont » de Mitrovica qui bloquait la ville en deux durant la guerre civile de 1999 mais était aussi devenu ensuite le leader d’un parti modéré serbe (lire : Un Kosovar serbe « modéré » arrêté par les forces EULEX. Dossier (très) sensible).

Une opération d’exécution de civils en 1999

Membre d’un commando de paramilitaires serbes, Ivanović a été reconnu coupable d’avoir participé le 14 avril 1999, à une opération contre des Albanais. Plusieurs familles albanaises avaient alors été enlevées de force de leurs maisons par les forces serbes, et conduits jusqu’à un checkpoint tenu par des paramilitaires et policiers. « Les hommes ont ensuite été escortés tout au long du  point de contrôle. Quatre hommes ont été abattus jusqu’à ce que l’opération soit interrompue avec l’arrivée d’un homme en uniforme qui a donné l’ordre d’arrêter » indique le jugement.

« Vêtu d’un uniforme bleu et armé », Oliver Ivanović faisait bien partie du groupe de paramilitaires et policiers présents à ce poste de contrôle. Il était « au courant de l’opération d’expulsion et de tuer des Albanais. Il a volontairement respecté le plan, sachant que cela entraînerait dans les tueries ».

Concernant le second chef d’inculpation, le meurtre de dix kosovars albanais à Mitrovica Nord le 3 février 2000, reproché à l’intéressé et à quatre autres co-accusés (Dragoljub Delibašić, Nebojša Vujacic, Ilija Vujacic et Aleksandar Lazović), le Tribunal les a reconnus non coupables et les a acquittés de toute charge.

Toutes les parties — Ivanovic comme le ministère public — peuvent faire appel de ce jugement.

(NGV)

Lire aussi : Le transfert d’Oliver Ivanovic, accusé de crime de guerre, à Mitrovica

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).