Un avion russe survole l’espace aérien turc, ambassadeurs de l’OTAN convoqués (maj)

Un sukhoi russe en Syrie sur la piste (crédit : MOD Russie)
Un sukhoi russe en Syrie sur la piste (crédit : MOD Russie)

(B2) Une réunion des ambassadeurs de l’OTAN (NAC) est convoquée spécialement ce lundi après-midi pour discuter de la violation de l’espace aérien turc par des avions russes. C’est ce qu’a annoncé tout à l’heure le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, après une rencontre avec le ministre des Affaires étrangères tuc, Feridun Sinirlioglu, de passage à Bruxelles.

Ces « violations de l’espace aérien turc par des avions de combat russe (sont) inacceptables » a indiqué Jens Stoltenber. « Les actions de la Russie ne contribuent pas à la sécurité et la stabilité de la région. Je demande à la Russie de respecter pleinement l’espace aérien de l’OTAN et d’éviter l’escalade des tensions avec l’Alliance ». Et d’ajouter : « Je demande instamment à la Russie de prendre les mesures nécessaires pour harmoniser ses efforts avec ceux de la communauté internationale dans la lutte contre ISIL ».

De fait il y a eu deux violations durant le week-end menées par des avions russes Sukhoi-30 et Sukhoi-24. L’une est survenue samedi (3 octobre), un avion russe a été intercepté par deux F-16 des forces armées turques, en patrouille dans la région. Il aurait accroché dans son radar les avions turcs. Dimanche (4 octobre), un autre avion qui avait violé l’espace turc de quelques centaines de mètres dans le district sud de Yayladağı, vers midi dimanche, est retourné dans l’espace aérien syrien après un avertissement, précisent ces sources militaires turques, selon le quotidien turc Hurriyet, « Une erreur de navigation » ont plaidé les Russes. (*)

Commentaires : on peut remarquer la promptitude de réaction de l’OTAN. Les violations régulières de l’espace aérien grec par des avions turcs ne suscite pas un tel engouement. Plus récemment, le bombardement sanglant d’un hôpital de MSF en Afghanistan n’a pas vraiment suscité de commentaires aussi fermes. Sur le plan militaire, on peut considérer que ce débordement russe n’est pas une simple « erreur de navigation » mais davantage un avertissement sans frais aux autorités turques pour leur signaler que la frontière syrienne est désormais bien surveillée et … à respecter.

(Maj) Les Alliés de l’OTAN ont publié, après leur réunion, une déclaration en deux points essentiels. En premier lieu, les alliés « protestent fermement » et « condamnent » ces incursions dans l’espace aérien souverain de la Turquie. Ils notent aussi « l’extrême danger d’un tel comportement irresponsable » et demandent à la Fédération de Russie « de cesser immédiatement ces violations » et de « prendre toutes les mesures nécessaires pour veiller à ce que de telles violations ne se déroulent pas dans le futur ». En second lieu, les Alliés demandent aussi à la Fédération de Russie de « cesser immédiatement ses attaques contre l’opposition et les civils syriens, de concentrer ses efforts sur la lutte contre ISIL (Daech), et de promouvoir une solution au conflit à travers une transition politique ». Télécharger la Déclaration (en anglais)

(*) § mis à jour le 6.10.2015

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).