Crash d’un hélicoptère espagnol au large des Canaries (maj5)

(crédit : armée espagnole)
(crédit : armée espagnole)

(B2) Un hélicoptère AS332 Super Puma de l’armée de l’air espagnole avec 3 militaires s’est abîmé en mer, jeudi (22 octobre), dans l’après-midi (14h Zoulou, 16h locales), entre le continent africain et les îles Canaries. Il avait décollé de la base de Nouadhibou en Mauritanie vers 13h13 (heure zoulou) après avoir participé à une mission de formation et de sauvetage à Dakar avec les Forces armées du Sénégal durant deux semaines (lire : Le BPC Mistral en patrouille avec le Centinela dans le Golfe de Guinée). Et il devait arriver à Gando 16h45. Il aurait été victime victime d’une avarie à environ 280 milles nautiques de Gando et 40 miles nautiques au sud-ouest de Dakhla (au Sahara occidental / Maroc). Trois militaires étaient à bord : « un capitaine, un lieutenant et un sergent de l’Armée de l’Air » indique le ministère espagnol de la Défense. L’hélicoptère appartient au 802e escadron de l’armée de l’air et était dédié au sauvetage et secours en mer.

Confusion sur le sort des trois hommes

Ces dernières heures, la confusion était grande. Assez vite, un hélicoptère des forces marocaines dépêché sur place a annoncé avoir repéré l’hélicoptère naufragé, à la surface de l’eau. La défense espagnole indiquait alors « qu’un radeau était visible (à proximité de l’hélicoptère) avec des fusées allumées à proximité » mais sans pouvoir « confirmer la présence des trois soldats à bord du radeau » (lire ici). La défense espagnole annonçait même, sur la foi des informations marocaines dit-on à Madrid , que les trois hommes avaient été récupérés par un bateau de pêche. L’information s’est révélée fausse, au moins non vérifiée. Finalement le ministre de la Défense Pedro Morenés a dû admettre, vendredi soir, que les trois militaires à bord de l’hélicoptère étaient « toujours portés disparus ». Ce qui a provoqué une confusion diplomatique entre Madrid et Rabat.

Moyens importants de recherche

Les recherches, stoppées un moment, ont donc repris. Plusieurs bateaux et aéronefs espagnols et marocain participent aux recherches. L’Espagne a mobilisé deux hélicoptères Super Puma, un avion de surveillance maritime CN235, ainsi que deux navires, le Camino Español et le Olimpic Zeus, un navire hydrologique norvégien affrété par la marine espagnole, qui dispose de moyens technologiques de repérage des fonds marins. Et des F-18 se tiennent en réserve. Deux équipes de plongeurs spécialisés du commandement naval des Canaries, l’une partie de Dakhla et l’autre à bord du Camino, ont aussi été dépêchées sur place. Le ministère espagnol de la Défense, Pedro Morenés, est arrivé, samedi, aux Canaries pour coordonner le dispositif.

Mauvaises conditions en mer

(Mis à jour 25.10) Le Camino Espanol est arrivé sur place. Mais « les mauvaises conditions de mer dans la région pourraient entraver le travail » selon les sources militaires citées par Cadena Ser. L’hélicoptère un temps accroché par un navire néerlandais a coulé à environ 40 mètres de profondeur. Et l’opération de recherche se concentre sur l’accès à la cabine de l’hélicoptère.

(Mis à jour 26.10) L’hypothèse d’un enlèvement évoquée

Le ministre de la Défense, Pedro Morenés, n’a voulu, dimanche, exclure aucune option. L’hypothèse de l’enlèvement des militaires après leur accident à quelques encâblures du Sahara Occidental est désormais évoquée officiellement. Les parents des disparus qui sont arrivés aux Canaries évoquent publiquement cette hypothèse après l’entrevue avec le ministre (lire le récit dans El Pais). Une hypothèse évoquée davantage comme un souffle d’espoir. Les recherches à l’intérieur de la carcasse de l’hélicoptère, coulé, n’ont en effet, pour l’instant, rien donné. La polémique enfle en Espagne. Le président de l’association unifiée des militaires espagnols, Jorge Bravo, critiquant notamment la « gestion néfaste » de cette crise par le ministère de la Défense comme lors des crises précédentes. « Des accidents survenus ces dernières années, on en sait très peu » souligne-t-il. « On ne sait pas encore ce qui est arrivé » lors de l’accident de mars 2014 où quatre personnes sont mortes.

Deux dragueurs de mines sur place

(Mis à jour 29.10 matin) Deux dragueurs de mines Turia et Segura ont rejoint le dispositif de recherche. La cabine de l’hélicoptère a été localisée a confirmé le magistrat instructeur de Las Palmas qui a demandé la levée du secret défense. Mais six jours après la disparition il n’était toujours pas possible de confirmer si les dépouilles des militaires étaient bien dans la cabine, indique le ministère de la défense dans un communiqué. Les conditions météo difficiles comme la présence possible de requins compliquent les recherches, selon la presse espagnole.

Les corps localisés

(Mis à jour 29.10 soir) Le ministre de la Défense Pedro Morenés, a annoncé jeudi soir aux familles que des plongeurs avaient inspecté la cabine située à 40 mètres de profondeur et que les trois corps des militaires se trouvaient à l’intérieur. Ils n’ont donc jamais utilisé un radeau ni été récupérés par un bateau de pêcheur, et encore moins été enlevés, comme évoqué un moment.

Le ministère de la Défense P. Morenes avec les officiers aux Canaries (crédit: MOD Espagne
Le ministère de la Défense P. Morenes avec les officiers aux Canaries (crédit: MOD Espagne

(NGV)

 

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen à l'université Paris I Pantheon Sorbonne. Journaliste professionnel depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir). Auditeur de la 65e session de l'IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale).