Des écoutes de la NSA « inacceptables »

(B2) L’Elysée a tenu à réagir avec une certaine vigueur aux révélations de Wikileaks sur les écoutes faites par la NSA sur plusieurs présidents français – Chirac, Sarkozy, Hollande, sur la période 2006-2012. Un Conseil de défense a été réuni ce mercredi (24 juin) au matin. Et le ton est dur.

Des faits inacceptables ?

« Il s’agit de faits inacceptables qui ont déjà donné lieu à des mises au point entre les Etats-Unis et la France, notamment fin 2013 au moment des premières révélations et lors de la visite d’Etat du Président de la République aux Etats-Unis en février 2014 ». Des engagements avaient « été pris par les autorités américaines. Ils doivent être rappelés et strictement respectés ». La France « ne tolèrera aucun agissement mettant en cause sa sécurité et la protection de ses intérêts ».

NB : Le ton est martial. Un peu plus et on déclarait la guerre ? 😉 Cela ne doit pas faire illusion. Entre Paris et Washington, même s’il y a des désaccords tactiques, il y a une même ligne stratégique qui s’étend qu’il s’agisse de l’intervention au Sahel, de la position sur l’Iran ou sur la Russie. L’un joue parfois le « bad cop », parfois c’est l’autre. Mais en matière de renseignement, il y a une coopération et des échanges. Et, globalement, la teneur des échanges révélés par les « télégrammes » de Wikileaks est loin d’être sensationnel et totalement inattendu. S’ils ne connaissent que cela, on n’est pas non plus dans le secret des Dieux. On attend la suite avec impatience.

(NGV)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).