Speer prend l’eau, la défense néerlandaise écope

(B2) La France avait son projet Louvois qui a encaliminé tout la défense française, gâché quelques soirées aux différents responsables du ministère et empêché le paiement en temps et en heure des soldats. Apparemment, ils ne sont pas les seuls à qui des méga-projets de gestion informatique posent quelques soucis. Les Néerlandais viennent d’en fait l’amère expérience. Avec leur projet dénommé « Speer ». 

De plus en plus cher, de moins en moins efficace ?

Dénommé « Speer », le projet mené depuis 2004 par Capgemini et CGI (ex Logica) visait également à intégrer toute une série de dispositifs informatiques, auparavant éparpillés, du ministère de la Défense — finances, logistique et matériel. Dix ans après, tout le système n’est pas encore opérationnel. Et le projet dérape grave… au plan financier. A l’origine 165 millions d’euros, il atteint aujourd’hui 433 millions d’euros selon le ministère de la Défense, deux fois plus selon la Cour des comptes batave (900 millions d’euros estimés).

Recherche plan B désespérement

Selon plusieurs quotidiens néerlandais, dont le Volkskrant, la ministre Jeannine Hennis-Plaschaert a décidé d’arrêter les frais. Officiellement, le ministère nie bien cependant tout arrêt. Mais il reconnait que des « alternatives » sont à l’étude pour les parties non réalisées du travail. Tout est dans le distinguo ! Mais déjà les députés (de l’opposition) affûtent leurs arguments pour réclamer des explications un peu plus claires au gouvernement.

Commentaire : Un petit projet d’échange de bonnes pratiques en matière de gestion informatique ne serait peut-être pas superflu au plan européen, histoire d’éviter de nouveaux bugs… à plusieurs dizaines de millions d’euros !

(NGV)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).