Une solution bruxello-luxembourgeoise pour le nucléaire iranien. L’option Euratom

poisson(B2) Une solution de compromis de dernière minute pourrait être envisagée à Lausanne dans le cadre des négociations sur le nucléaire iranien. La Haute représentante de l’UE, Federica Mogherini, qui mène les discussions, aurait ainsi proposé de déménager une partie du stock de combustible litigieux iranien dans un pays de l’Union européenne. Selon les informations qui nous sont parvenues, de la part de diplomates européens, en poste à Téhéran, c’est l’agence Euratom – placée sous la responsabilité de la Commission européenne – qui dispose en vertu du Traité Euratom d’un « droit exclusif de conclure des contrats portant sur la fourniture de matières fissiles spéciales en provenance de l’intérieur ou de l’extérieur de la Communauté ».

Réunion de crise au Berlaymont

Deux options sont envisagées : le stock pourrait être placé dans un espace laissé disponible à Bruxelles, par les travaux menés pour réaliser la liaison du RER Schuman-Josaphat, entre le nouveau siège du Conseil européen et le Berlaymont, l’actuelle Commission européenne, occupant une partie du parking des fonctionnaires. Une autre solution serait de baser le stock au Luxembourg, au sein de l’agence Euratom. Les deux options pourraient être utilisées au besoin. Une réunion d’urgence se tient en ce moment dans un des bâtiments européens du rond-point Schuman, dans une salle spécialement équipée pour réaliser une liaison video conférence avec l’Hotel Beau-Rivage, autour du président de la Commission et des principaux commissaires concernés. Le départ en week-end anticipé de la plupart des fonctionnaires facilite la discrétion. Son issue n’est cependant pas attendue avant 23/24h. Une pause dîner étant prévue.

Les travaux d’adaptation commenceraient dès dimanche

En cas de décision positive, le Premier ministre luxembourgeois, Xavier Bettel, et son compatriote et prédécesseur, l’actuel président de la Commission européenne, JC Juncker (si ses calculs rénaux le lui permettent) pourraient rejoindre la ville suisse pour présenter cette solution. Si elle est acceptée, les travaux d’adaptation pourraient commencer dès ce dimanche. Les travaux du RER bruxellois subiraient, par contre coup, un retard de plusieurs mois. Du côté du financement, la solution proposée par les diplomates européens est de gager une partie des exportations pétrolières iraniennes, libérées du fait de l’accord, pour financer le transport comme le stockage des matières nucléaires.

(NGV)

1er avril 2015 (pour ceux qui l’auraient oublié)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen à l'université Paris I Pantheon Sorbonne. Journaliste professionnel depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir). Auditeur de la 65e session de l'IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale).