L’Atlas A400M de retour au bercail après son tour du monde

Mission tour du monde A400M, XP Avalon(B2) L’A400M doit se poser à Orléans ce vendredi (6 mars), en soirée, de retour de son premier tour du monde. Une mission réalisée par le Centre d’expériences aériennes militaires (CEAM) de Biscarosse avec pour vocation de tester l’appareil au long cours.

Pour le Colonel Laurent Paquot (du SIRPA Air), la mission avait en effet certains objectifs très terre-à-terre : Tout d’abord, « mesurer la fatigue et le niveau de vigilance d’un équipage A400M lors de vols de longue durée, avec fort décalage horaire ». Une étude est ainsi menée par l’institut de recherche biomédicale des armées (IRBA), pour tester la fatigue d’un équipage dans le cadre d’un pont aérien. Ensuite, « évaluer l’efficacité des moyens de repos destiné aux équipages à bord même de l’appareil dans le cadre d’une mission de longue durée ». Enfin, « expérimenter l’accessibilité des terrains de Faaa à Tahiti et de La Tontouta en Nouvelle-Calédonie ». On pourrait aussi ajouter : faire une démonstration, urbi et orbi, de « l’élongue stratégique » (comme disent les experts aériens) de cet avion dont le constructeur européen compte bien doubler le potentiel à l’export sur la durée de vie de l’appareil. L’A400M a ainsi été présenté au salon international aéronautique d’Avalon en Australie.

Le nouvel avion de transport, dénommé Atlas, aura accompli son tour du monde en 11 étapes, représentant 3 jours, 2 heures et 20 minutes (pour être exact) de vol cumulé. Un chiffre à comparer au Transall, qui aurait nécessité, de l’aveu même des militaires, 8 à 10 jours de plus.

NB : Ce bon résultat ne doit pas faire oublier les derniers soucis de l’avion européen. Selon mon confrère de l’Usine nouvelle, le délégué général pour l’Armement, Laurent Cohet-Billon, a d’ailleurs poussé un petit coup de gueule à Mérignac, mercredi (4 mars). Motif du courroux du DGA qui n’a pas pour habitude de mâcher ses mots : l’armée française ne devrait recevoir cette année que deux appareils (au lieu des quatre promis). Et encore ! Il y a comme un zeste d’incertitude pour la livraison du deuxième exemplaire, prévue pour le mois de décembre. Un rien de retard et ce sera pour 2016… De plus, « il y a un retard dans le développement des fonctions militaires », a expliqué le DGA aux journalistes présents. Certaines fonctions ne pourront pas être mises en oeuvre : l’avion ne pourrait pas ainsi ravitailler en vol les hélicoptères militaires, comme prévu.

(NGV)