« Mission accomplie », les Européens rentrent de Bangui

Militaires et policiers militaires polonais de retour au pays (crédit : MOD Pologne)
Militaires et policiers militaires polonais de retour au pays (crédit : MOD Pologne)

(BRUXELLES2) C’est le temps du retour pour les militaires et gendarmes européens engagés dans l’opération européenne EUFOR RCA. Après le départ des détachements polonais et allemand, partis la semaine dernière, il restait environ 550 personnels sur place. Ce chiffre devrait fondre rapidement Les Italiens rentrent cette semaine. Puis suivront les Espagnols et enfin les Français qui resteront en dernier. « La décrue va se poursuivre » a confié le général Pontiès à B2 dans une interview (publiée sur le Club *). « Les patrouilles vont continuer jusqu’à fin du mois (février). La majorité des rapatriements aura lieu dans la première quinzaine de mars. A la mi-mars, nous n’aurons plus de troupes sur place. »

L’efficacité d’une force combinant police et militaires

Pour le général français qui a commandé depuis le début l’opération européenne EUFOR RCA, depuis son QG d’opération basé en Grèce (à Larissa), le succès repose sur plusieurs éléments. « Malgré les difficultés de la génération de forces au départ, on a réussi à mettre en place une force militaire, équilibrée dans ses composantes, avec une force de Gendarmerie présente dès le départ. Cette combinaison a été un apport précieux, pour faire face à des combats en zones urbaines comme à du banditisme ou de la criminalité et des mouvements armés. Les évènements du 20 août et du début octobre ont montré combien cette approche combinée (militaire/gendarmerie) du maintien de l’ordre était importante. »

Une première pour les militaires polonais

Pour les gendarmes français, voire de la Guardia civil espagnole, être engagé en Afrique n’est pas tout à fait nouveau… En revanche, pour les policiers militaires polonais, c’est un peu une double première : sur le terrain africain (1), et au sein de la gendarmerie européenne. Et l’évènement a été salué à sa juste mesure à Varsovie par la secrétaire d’Etat polonais à la Défense lors de leur retour au pays lundi (23 février). « Etre côte à côte avec les formations les plus reconnues de la police militaire en Europe comme la (Gendarmerie) française ou la Guardia Civil espagnole est une preuve de respect et de confiance pour la police militaire polonaise sur la scène internationale » a indiqué Beata Oczkowicz, saluant ainsi le détachement polonais, dirigé le Colonel Leon Stanoch, constitué de policiers militaires et de différents spécialistes (2).

(Nicolas Gros-Verheyde)

(1) Si mes souvenirs sont bons, des policiers militaires avaient été engagés au Tchad dans la première opération européenne EUFOR Tchad RCA en 2008. Mais ils agissaient alors dans leur fonction disciplinaire au sein du contingent polonais, et non en première ligne de contact comme à Bangui.

(2) Le noyau du contingent polonais était formé d’un peloton de l’unité de la police militaire de Minsk Mazowiecki, renforcé d’éléments venus de la 1ère brigade logistique de Bydgoszcz, de la 6e brigade de soutien de Białobrzegi, de la 6e brigade aéroportée de Cracovie, du Commandement général des Forces armées, de l’inspection des forces armées et du Centre de préparation des missions étrangères à Kielce.

* Lire l’interview intégrale dans l’édition Club de B2. Le général Pontiès commente les derniers incidents (kidnapping) et tire à chaud les premiers retours d’expérience pour les opérations de l’Union européenne.

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).