Sangaris bascule vers l’Est

Point de situation entre la MINUSCA Et le GTIA Magenta à N'Gakobo (près de Bambari) (crédit : Etat-Major des armées / ECPA)
Point de situation entre la MINUSCA Et le GTIA Magenta à N’Gakobo (près de Bambari) (crédit : Etat-Major des armées / ECPA)

(BRUXELLES2) En Centrafrique, les Français de Sangaris effectuent le travail d’entrée en premier. Après avoir sécurisé l’ouest du pays, et la route (vitale) d’approvisionnement vers le Cameroun, les forces françaises de Sangaris se concentrent actuellement sur les régions du Centre autour de Sibut (Kémo-Gribingui), Kaga Bandoro (Gribingui), Grimari et Bambari (Ouaka).  Objectif : stabiliser le couloir central, puis basculer vert l’Est où la situation reste « tendue ».

Tenir le centre puis basculer vers l’Est

Le transfert d’autorité (TOA) a déjà été effectué avec la MINUSCA (la force des Nations-Unies) sur Bouar puis ce sera au tour de Boda et Bosangoa. Le 20 octobre, « 10 véhicules blindés de combat d’infanterie (VBCI) étaient déjà déployés dans le couloir central, entre Sibut et Dékoa », selon l’Etat-major des armées. Les deux derniers véhicules, toujours à Bangui, rejoignent le couloir central actuellement.  Les Français sont déjà à Bria (Haute Kotto). Une compagnie du 1er régiment de tirailleurs (1er RT) « achève sa bascule dans l’Est du pays ».

Un niveau de sécurité nécessaire

L’objectif est « d’arriver à un niveau de sécurité minimum » explique un officier de Sangaris à B2. « Cela ne signifie pas automatiquement de revenir à la paix. Mais cela représente un niveau suffisant pour permettre à la MINUSCA de prendre le relais ; permettre aux ONG de s’implanter pour remplacer les défaillances de l’Etat et arriver au palier sécuritaire nécessaire pour remettre en place l’autorité gouvernementale nécessaire (préfet, maire, justice, police ou gendarmes). »

Le retour de l’administration

Ainsi à Bouar, dans l’ouest du pays, la justice se remet en place, « des procès et des jugements sont rendus. Et des peines qui sont exécutées. » A Boda, une task force administrative a été mise en place qui va au delà de l’aspect régalien, s’attachant aux questions de environnement et de santé. A Bangui, Sangaris demeure présent, en patrouillant, et en intervenant mais au second rang, en renfort de la MINUSCA ou des forces de sécurité intérieure. Mais le relais va être passé à terme aux forces de police, centrafricaines ou des Nations-Unies.

Bangui : une zone police

Bangui va devenir une « zone police avec 1800 policiers. Ce qui n’est pas négligeable. » Dans la capitale centrafricaine, on a « davantage affaire à des questions de délinquance, classique en zone urbaine, de banditisme armé » qui ressortent davantage d’un maintien de l’ordre civil, policier, que d’une intervention militaire. « Il ne faut pas être trop vertueux ou demander trop de choses. »

(NGV)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).