Un hommage bien sélectif…

MemorialPsdc2@UE141021(BRUXELLES2) Une plaque « in memoriam » a été inaugurée, le 21 octobre, dans la cour du Service européen d’action extérieure (SEAE) à Bruxelles, en hommage aux civils ou militaires tués lors des opérations européennes de maintien de la paix, par par la Haute représentante de l’UE, Catherine Ashton, et le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy.

Un choix limité…

On pourrait se dire « enfin ». Car jusqu’à présent, les personnes « tombées » lors d’opérations ou missions de la PESD ou PSDC étaient laissées dans l’oubli. Mais on ne peut qu’être étonné de voir seulement 3 noms sur cette plaque : celui de l’Espagnole Pilar Juare, morte lors du séisme en Haïti en janvier 2010 (lire : Le décès du diplomate européen porté disparu à Haïti confirmé), celui du Lituanien Šenavičius abattu au Kosovo en septembre 2013 (Lire : Tir contre EULEX au nord du Kosovo : un mort) et de la Danoise Mette Nielsen victime d’un attentat dans un restaurant en Afghanistan en janvier 2014 (lire : 2 morts à EUPOL Afghanistan dans un attentat d’un restaurant à Kaboul).

Quelques oublis

Un choix délibéré contestable. Car les missions et la diplomatie de l’UE n’ont pas commencé en 2010. Et d’autres noms mériteraient de figurer sur cette plaque car ils sont morts aussi en « mission » ou « opération ». Je citerai notamment l’ambulancier géorgien qui a sauté sur une mine (dans le cadre de la mission d’observation EUMM Georgia), le sergent Paulin mort d’un tir au tout début de l’opération EUFOR RCA en 2008, les observateurs d’EUMM Fyrom décédés sur une mine en 2001, sans oublier les « premiers » morts des opérations extérieures de la CEE : le commandant belge Bertrand Borrey, abattu par des soldats de l’armée fédérale yougoslave en 1992, ou les 5 observateurs d’ECMM Yugoslavia morts dans le crash de leur hélicoptère abattu par les forces yougoslaves en 1992.

Un choix contestable et… discriminatoire

Commentaire : Quand on veut rendre hommage, on ne peut pas faire de distinction selon le type de statut — civils ou militaires, engagés, détachés ou contractés — et selon la nationalité. Ce n’est pas digne et pas à la hauteur de l’Union européenne de procéder à de tels distinguo qui relèvent de la basse politique. On ne peut pas non plus commencer l’histoire de l’engagement européen extérieur en 2010 !

(Nicolas Gros-Verheyde)

NB : La liste tenue par B2 est autrement plus fournie, malheureusement ! Lire : *In Memoriam. Diplomates et militaires morts en mission CE / UE.

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