Soudan du Sud. Comment éviter le génocide ?

Des enfants sud-soudanais avec un membre de la mission des Nations unies, MINUSS (Crédit : MINUSS)
Des enfants sud-soudanais avec un membre de la mission des Nations unies, MINUSS (Crédit : MINUSS)

(BRUXELLES2) Comment éviter un génocide au Soudan du Sud? Les voix s’élèvent depuis le début de l’année pour dénoncer un conflit « ethnique » éminent, les déplacements de population (1 millions de déplacés), les atrocités, les meurtres ou encore les attaques répétées sur les membres de la mission des Nations unies, la MINUSS…. Mais la situation dégénère sans qu’aucune résolution n’ait été prise par la communauté internationale ou les leaders africains…Pour Alexander Rondos, le Représentant spécial de l’Union européenne pour la Corne de l’Afrique, « un désastre humain majeur est aujourd’hui quasi inévitable. (…) Tout ce que peut faire la communauté internationale, c’est de l’atténuer ». La région est particulièrement instable. Et personne n’a vraiment envie de mettre les pieds dans ce tout-jeune pays de l’Est africain, voisin de la République centrafricaine…

A chacun ses responsabilités…

L’accord de cessez-le-feu, signé entre l’opposition et le gouvernement vendredi 9 mai est un « geste significatif », mais ne suffit pas. (*) Selon le diplomate européen, la mission d’observation du « cessez-le-feu » sous l’autorité de l’Organisation internationale pour le développement (IGAD), qui réunit sept pays de l’Est africain, doit être étendue et menée sous le drapeau des Nations unies. Il renvoie ainsi la balle aux sept leaders africains qui doivent s’entendre pour donner le feu vert à cette extension.

Une situation humanitaire alarmante

Mais « le processus de reconnaissance par les pays voisins de la gravité de la situation est relativement lent » selon le directeur des opérations de la DG humanitaire (ECHO) de la Commission européenne, Jean Louis de Brouwer. Les conditions d’accueil des réfugiés dans les pays voisins sont « alarmantes ». A l’intérieur du pays, l’accès de la population à l’aide humanitaire est confrontée à des difficultés logistiques (faiblesses des moyens d’accès) mais aussi politiques (argent retenu par les autorités). Un espoir subsiste : le 7 mai, des corridors humanitaires ont été ouverts…pour 30 jours.

Détails, lire (Club) : Soudan du Sud. Les solutions humanitaires et politiques à la crise.

(Loreline Merelle)

(*) Un accord de cessez le feu avait été signé en janvier 2014, entrainant la mise en place d’une mission d’observation sous l’autorité de l’IGAD dont les premiers éléments sont arrivés…en avril.

Loreline Merelle

© B2 - Bruxelles2 est un média en ligne français qui porte son centre d'intérêt sur l'Europe politique (pouvoirs, défense, politique étrangère, sécurité intérieure). Il suit et analyse les évolutions de la politique européenne, sans fard et sans concessions. Agréé par la CPPAP. Membre du SPIIL. Merci de citer "B2" ou "Bruxelles2" en cas de reprise