Les Américains appuient sur le champignon de la crise

(BRUXELLES2) Dans le noble combat entre la liberté d’un côté, les Euromaidan, et les obscurs prorusses de l’autre côté, il devrait y avoir un choix facile en faveur des premiers contre les seconds. Or, si le jeu de la Russie semble assez clair — neutraliser l’Ukraine pour éviter qu’elle ne bascule trop du côté occidental —, celui des Etats-Unis a été assez peu commenté. Il y a aura sans doute un avant-Ukraine ou un après-Ukraine. S’il est encore trop tôt pour tracer l’ensemble des changements dus à la crise ukraino-russe, il semble un fait certain. Coincée entre USA et Russie, Otan et Ukraine, ballotée au gré des déclarations des uns et des autres, l’Europe a perdu une première bataille.

L’OTAN retrouve une nouvelle virginité…

On voit des Américains – ainsi que la direction de l’OTAN – appuyer ainsi sur le champignon de la crise, ne pas jouer la désescalade mais plutôt l’escalade, dans un objectif qui semble plus la défense de certains intérêts que de celui de la défense de l’Ukraine ou de l’Europe. L’OTAN retrouve ainsi sa virginité et sa première vertu : assurer la sécurité en Europe, être le rempart contre la Russie (Urss hier). Elle trouve dans la crise ukrainienne l’occasion de démontrer son utilité, de justifier une augmentation immédiate des budgets de la défense, malmenés ces derniers temps.

… Les Américains de nouveaux marchés

Acheter vite, nécessite d’acheter sur étagère, donc généralement … aux Américains qui retrouvent ainsi, à moindres frais, une prime politique à l’export sans difficulté. Toutes les déclarations passées sur la nécessité du  partage du fardeau, la prise en charge par les Européens de leur propre défense (une antienne américaine, justifiée en partie) sont passées par pertes et profits, selon un nouvel adage : les Européens paient, les Américains fournissent.

Une Europe ramenée dans la position du foetus

La gravité de la crise n’est plus à démontrer. Et la nécessité de montrer les muscles peut être sans doute nécessaire. Mais de là à utiliser cette crise pour justifier une politique dans une posture de « pure propagande » de la meilleure époque (type Irak 2003), il y a un pas que n’hésitent pourtant à franchir A.F Rasmussen comme le général Breedlove, le commandant suprême de l’OTAN, qui est aussi le commandant des forces US en Europe. Leurs déclarations  se succèdent, on ne peut plus martiales. Les chiffres valsent. Ils semblent tellement peu crédibles que les déclarations, même fallacieuses de Moscou, ne paraissent pas plus fausses. Qu’importe… Au milieu, silencieuse, l’Europe, est ramenée dans une position mineure, infantilisante. Elle sera la première victime politique de ce conflit…

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