La chasse russe joue avec les nerfs des marins US. A moins que ce ne soit le contraire. Le bon vieux temps…

(crédit : US Department of Defense)
(crédit : US Department of Defense)

(BRUXELLES2) Un avion d’attaque russe a volé à plusieurs reprises près de l’USS Donald Cook, dans les eaux internationales de la mer Noire, vendredi dernier (12 avril), a révélé aujourd’hui un porte-parole du Pentagone.

L’avion russe, un Sukhoi Su-24 (Fencer selon le code Otan), un bombardier tactique, qui était désarmé et volait en compagnie d’un autre avion du même type, a survolé à plusieurs reprises le navire de la marine américaine. « L’avion russe a fait un total de 12 passes » a expliqué le colonel Steve Warren. « Il est resté à une altitude assez élevée. Mais s’est approché à moins d’environ 900 mètres du navire. » Le Sukhoi russe « n’a pas répondu à plusieurs requêtes et avertissements de Donald Cook. L’événement s’est terminé sans incident au bout d’environ 90 minutes ». L’USS Cook n’a jamais été en danger a cependant précisé l’officier américain. (voir la fiche technique du Su-24 sur le site de RiaNovosti).

Les Américains ne croient pas à un acte improvisé. « J’aurais du mal à croire que les deux pilotes russes, eux-mêmes, auraient choisi de prendre une telle action », a dit Warren. « Nous avons vu les Russes se conduire de façon non professionnelle et en violation des normes internationales en Ukraine depuis plusieurs mois, et ces actes continus de provocation et de manque de professionnalisme ne font rien pour désamorcer la situation en Ukraine. »

(Maj) Arrivé en mer Noire, le 10 avril, le destroyer, de la classe Arleigh Burke, doit faire une escale à Constanza, en Roumanie. Côté russe, on se dit inquiet de la présence de ce navire, équipé du système de combat Aegis et de missiles Tomahawk. Et on accusé notamment la Turquie de violer la convention de Montreux qui limite la durée des navires de guerre dans cette mer semi-fermée à 21 jours. Moscou met en cause notamment la durée prolongée dans la mer nor de la frégate américaine USS Taylor du fait d’une “hélice endommagée”. Une accusation que Ankara réfute, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Ahmet Davutoğlu.

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Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).