Qui participe à l’opération EUFOR RCA – l’état des forces

BadgeEUFOR Rca 2014-02-27 17.28.04(BRUXELLES2 – exclusif) Ainsi que nos lecteurs du club le savent déjà, voici l’état des forces composant l’opération EUFOR RCA (République centrafricaine). Il y a en tout 13 nations qui contribuent sur le terrain, ce qui est finalement un Etat membre sur deux. Tandis que 28 nations au total (les « 28 » sauf le Danemark + la Géorgie) participeront à l’opération. Nombre d’Etats ont, en effet, préféré envoyer des personnels dans l’Etat-Major situé à Larissa (plus tranquille, moins compliqué politiquement). C’est, malgré tout, un signal politique, de volonté d’être présent, au moins symboliquement, face à la gravité de la situation en Centrafrique.

Compagnies d’infanterie

4 compagnies d’infanterie devraient pouvoir être formées :

  • une fournie par la France.
  • la seconde fournie par l’Estonie (55 militaires, lire : L’Estonie confirme une participation notable à EUFOR Rca Bangui), la Lettonie (1 section) et qui doit être complétée.
  • la troisième fournie par un Etat non membre de l’UE = la Géorgie. Lire : EUFOR RCA. Vive les Géorgiens ?
  • Une compagnie de gendarmerie sera mise sur pied formée d’effectifs français (55), espagnols de la Guardia civil (25) et polonais (env. 50). NB : Il n’y aurait finalement pas d’éléments de la GNR, la gendarmerie portugaise, les 27 hommes qui étaient pourtant prévus et s’étaient entraînés dans cet objectif. « Décision politique du gouvernement » a précisé le ministre de l’Intérieur Miguel Macedo à nos collègues de Lusa. « Face aux différentes possibilités, le gouvernement a finalement choisi de contribuer à l’opération par le déploiement d’un aéronef et de personnels de l’armée de l’air ».

Eléments complémentaires

L’Espagne fournit l’effectif de forces spéciales, destinée à servir de force d’extraction et de réaction rapide (50 militaires), en plus de 10 officiers et sous-officiers répartis entre l’Etat-Major d’opération (OHQ) à Larissa et l’Etat-Major de force à Bangui (FHQ) et du personnel de la Guardia civil.

L’Italie fournit des éléments de génie d’aide au déploiement — destinés à préparer le terrain du camp sur l’aéroport (environ 40 militaires).

La Finlande fournit des éléments de coopération civio-militaires (CIMIC) et des éléments anti-IED (engins explosifs improvisés) : environ 24 hommes/femmes (dont 4 officiers à l’Etat-Major)

Le Portugal fournit un avion de transport tactique (type C-130) disponible sur le terrain avec une équipe d’une petite cinquantaine de militaires (pilotes, mécaniciens, assistance en escale).

La France assurera le complément restant, à la fois pour l’Etat-Major d’opération et surtout pour l’Etat-Major sur place (à Bangui) comme pour les éléments de soutien nécessaire, notamment le soutien médical (Rôle 1), destiné à compléter le Rôle 2 – déjà assuré par les éléments français de l’opération Sangaris.

L’Allemagne assurera les évacuations sanitaires longue distance, avec un Airbus médicalisé. Elle mettra du personnel dans les deux Etats-Majors : à Bangui (FHQ) et à Larissa (OHQ). Une autorisation d’engagement pour 80 militaires a été demandée au Bundestag.

Transport stratégique

L’Allemagne met également à disposition des heures de transport stratégique, notamment via les avions Antonov An‑124 russes du contrat Salis (OTAN). Ce qui a un avantage essentiel : un engagement politique limité, un engagement militaire nul sans nécessiter d’autorisation parlementaire. Lire aussi : Angela : « jamais sans mon Antonov » !

La Suède doit aussi fournir du transport stratégique (sous la forme d’heures de transport de C-17), en particulier pour les militaires d’Estonie et de Lettonie (qui fournissent chacun 1 section de combat). Et le Royaume-Uni devrait aussi fournir du transport, à titre bilatéral, pour aider la compagnie Géorgienne.

Quartier général

Deux quartiers généraux sont établis. L’un est situé à Larissa (Grèce) destiné à assurer le commandement stratégique de l’opération (OHQ) —  qui s’occupe de la stratégie, de l’analyse politique, des relations avec les institutions européennes et internationales, etc. —, commandé par le général français Philippe Pontiès. La Grèce assure l’ossature logistique et le fonctionnement du quartier général d’opérations (à Larissa).

L’autre QG est situé en république centrafricaine, à Bangui, sur le terrain de l’aéroport, destiné à assurer le commandement tactique de l’opération (FHQ), au jour le jour, assuré par le général français Thierry Lion.

Autres propositions

A noter que la Roumanie, qui avait fait une proposition de force, a retiré celle-ci du fait essentiellement de la situation instable en Ukraine. La Belgique, après avoir tergiversé, a proposé des éléments assortis d’une condition financière (prise en charge par le budget européen), qui n’a pas pu être remplie. Quant à la Hongrie, sa proposition a été jugée finalement non nécessaire ou pas suffisante. Le Montenegro, invité à participer, de même que la Moldavie, n’ont pas vraiment donné suite malgré la lettre officielle d’invitation.

(Nicolas Gros-Verheyde)

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Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen à l'université Paris I Pantheon Sorbonne. Journaliste professionnel depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir). Auditeur de la 65e session de l'IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale).