L’OTAN cyber attaquée. Première mesure de rétorsion russe ?

(B2) C’est un petit message arrivé par twitter de Oana (la porte-parole de l’OTAN) qui le signale (ou le confirme ce matin). Les sites de l’OTAN ont bien fait l’objet d’une cyber attaque ce matin. Mais tout est en cours de réparation. Et « l’intégrité des systèmes et des données de l’OTAN ne sont pas atteintes ».

AttaqueCyberNatoTweet@OTAN140316

Commentaire : l’attaque cyber comme la révélation d’écoutes fait désormais partie de la panoplie des instruments militaires et diplomatique de premier rang, utilisée en cas de crise pour montrer sa détermination. C’est à la diplomatie ce qu’est un rappel des ambassadeurs, et à l’ar militaire ce qu’est un coup de semonce en marine, voire un peu plus, selon que le tir est plus ou moins ajusté, ou plus en moins « en l’air ». L’avantage de cet « outil » est, en effet, de permettre de le graduer de façon assez fine : juste une cyber-attaque, histoire de montrer que l’on « peut », ou un peu plus, pour atteindre, voire endommager plus gravement, les données de l’adversaire. Ce qui peut l’handicaper plus ou moins sévèrement. L’aspect totalement anonyme ou quasi-transparent de l’attaque est un autre moyen de doser l’attaque. Dans tous les cas l’objectif est atteint. L’adversaire doit tout d’abord perdre un certain temps et certains moyens à colmater les brèches,  ensuite, expliquer publiquement pourquoi il a été attaqué, enfin revoir à moyen terme une partie ou toute sa politique de cyber-défense. Le tout sans risquer la vie d’un seul homme/femme sur le terrain.

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).