En Crimée, les forces Russes à l’oeuvre, dénonce le SACEUR de l’OTAN

(BRUXELLES2) C’est une prise de paroles dont on a peu l’habitude. Le commandant en chef de l’OTAN, Phil Breelove, a pris la plume et sur son blog, dans un papier intitulé « de l’importance de l’identité« . Celui qui est aussi le commandant des forces US en Europe, n’y va pas par quatre chemins. Des soldats « lourdement armés ont encerclé les bases militaires de l’Ukraine en Crimée et ont pris le contrôle de 11 postes frontaliers de la région ». « De toute évidence, la situation est grave ».

Milices locales ou forces d’auto-défense ? un leurre

Le général veut tordre le coup aux idées que ces troupes seraient des  » milices locales  » qui ne porteraient des équipements de style russe parce que cette tenue est disponible dans les magasins de l’armée à travers l’ex-Union soviétique ou qu’ils seraient tout simplement  » forces d’auto-défense  ». « Ici, au quartier général militaire de l’OTAN, nous avons étroitement suivi et analysé la situation en Ukraine ». « Après un examen approfondi de plusieurs sources d’information, nous croyons que ce sont les forces militaires russes agissant sur des ordres clairs pour saper les forces d’Ukraine en Crimée. » Une analyse « fondée sur un examen minutieux et délibéré des données disponibles par nos analystes militaires professionnels »

Trois preuves

Sa démonstration, photos à l’appui, établit que : 1° les véhicules utilisés portent des plaques militaires russes, 2° le témoignage d’un soldat qui reconnait faire partie de l’armée russe, expliquant qu’on lui a demandé de ne pas porter de signes de reconnaissance, 3° les armements utilisés ne sont pas vraiment des équipements « classiques » des forces d’autodéfense). Nb : on peut reconnaitre ainsi (d’après ce que j’ai pu comprendre) d’une part, une mitrailleuse légère Petcheneg, d’autre part, un fusil AK74 avec lunette de visée et lance-grenades (pas tout à fait le modèle de base !), enfin un lance grenades.

Commentaire : cette prise de parole est plutôt rare et témoigne d’une volonté américaine de monter en puissance au moins dans les échanges verbaux et de contrer la propagande, pour l’instant, assez efficace, mise en place par la Russie. Le SACEUR a la double casquette — commandant suprême de l’OTAN et commandant en chef des forces US en Europe — et on ne peut pas imaginer que ce haut-gradé s’exprime ainsi, aussi précisément et aussi directement, sans avoir l’aval au moins tacite des autorités de Washington.

(Nicolas Gros-Verheyde)

NB : ces exemples sont ceux diffusés par le Saceur – seuls les intertitres sont de la rédaction

Exemple # 1 (les plaques d’immatriculation)


http://thelede.blogs.nytimes.com/author/robert-mackey/


http://www.salon.com/2014/03/01/russian_troops_take_over_ukraines_crimea_region_partner/


https://sobchak.wordpress.com/2014/03/05/non-intendersene-di-felidi-e-di-altro/

Exemple # 2 (un témoignage – extrait de You Tube)


http://www.youtube.com/watch?v=HPZbYlcAgvY

Exemple # 3 (les armes)


http://www.ibtimes.co.uk/ukraine-crisis-china-back-russia-cold-war-over-crimea-1438650


http://www.thestar.com/news/world/2014/03/03/russians_seize_ukraine_ferry_terminal_raising_fears_of_wider_invasion.html


http://www.globalpost.com/dispatch/news/regions/europe/russia/140305/interview-russian-ukraine-putin-war-Andrei-Illarionov

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).