Au forceps, EUFOR RCA va pouvoir être lancée

(BRUXELLES2) Ainsi que nos lecteurs du Club le savent déjà, la dernière conférence de génération de forces, réunie vendredi à Bruxelles, a permis « d’entériner de nouvelles contributions en matière de transport aérien stratégique et d’aide au déploiement de l’opération EUFOR RCA », comme l’a confirmé tout à l’heure la porte-parole de C. Ashton.

Au forceps,

Sur la base de « ces avancées significatives et du complément apporté par la nation cadre (NDLR : la France), le commandant de l’Opération, le général Pontiès, a recommandé le lancement de l’opération » précise-t-elle. Il y aura « une montée progressive du dispositif sur Bangui ». « La mission apportera sa contribution aux efforts déployés au niveau international pour protéger les populations les plus menacées et créer les conditions propices à la fourniture d’une aide humanitaire » rappelle la porte-parole de C. Ashton.

Une Europe bien pauvre et bien peu volontaire

Pour rappel, c’est au sommet européen de décembre que le principe d’une opération militaire de l’UE avait été décidé, la Haute représentante, ayant renoncé à déployer le battlegroup de l’UE, Londres (qui assurait l’astreinte au 2e semestre 2013), ayant refusé, pour raison idéologique et incapacité militaire, de déployer celui-ci. Le concept général de gestion de crises de l’opération avait été avalisé, rapidement, le 20 janvier, et les « 27 » (*) avait décidé du cadre de l’opération, le 10 février suivant, opération menée sous l’égide du chapitre 7 de la charte des Nations Unies.

Mais l’affaire avait ensuite trainé. Plusieurs réunions de génération de forces successives n’étaient pas arrivées à combler les quelques manques qui subsistaient : un peu de transport stratégique, un peu de soutien médical et quelques éléments non combattants – génie, soutien médical, handling d’aviation… Ce qui représente en tout 120 personnes et quelques millions d’euros. Au point que, fait inédit dans les annales européennes, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki Moon, a été obligé de rappeler, par écrit, les Etats européens à leur engagement.  (lire : En RCA, l’UE a manqué à ses engagements (Ban Ki Moon). Une singulière gifle pour l’Union européenne et un bel aveu de faiblesse pour les pays européens à l’heure d’un bras de fer avec la Russie sur l’Ukraine

(Nicolas Gros-Verheyde)

Tous les détails, de cette génération de forces : EUFOR RCA : un bien timide feu vert

(*) Les « 28 » moins le Danemark qui ne participe pas aux décisions en matière militaire.

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen à l'université Paris I Pantheon Sorbonne. Journaliste professionnel depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir). Auditeur de la 65e session de l'IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale).