Avions français en renfort dans le ciel balte promet Le Drian à Tallinn

Détachement de Mirage sur le ciel balte à l'été (crédit : Ministère français de la Défense / BA118)
Détachement de Mirage sur le ciel balte à l’été (crédit : Ministère français de la Défense / BA118)

(BRUXELLES2) Après les Américains, des avions français pourraient venir en renfort dans le ciel balte. Jean-Yves le Drian, le ministre français de la Défense, l’a confirmé à son homologue estonien Urmas Reinsalu lors d’une réunion express à Varsovie et à Tallinn vendredi (21 mars). « La France a entendu les demandes de ses alliés et est prêt à renforcer la défense de l’espace aérien estonien », a déclaré le ministre français lors d’une conférence de presse tenue à Tallinn. « Nous allons envoyer quatre avions de chasse supplémentaires pour participer à la mission de police aérienne de l’OTAN, immédiatement après que la décision d’extension de la mission de l’OTAN soit entérinée. » a-t-il ajouté. JY Le Drian a également confirmé que la France est prête à contribuer avec des avions de type Awacs, à la surveillance et au contrôle de la zone aérienne. La coopération en matière de cyberdéfense sera également renforcée. « La Pologne, comme d’autres pays de l’Alliance, sommes préparés pour divers scénarios de développements dans la région, pour défendre les valeurs démocratiques » a assuré le ministre polonais Tomasz Siemoniak. Le ministre en a également profité pour plaider pour un renforcement de l’UE comme de l’OTAN, et plus généralement des dépenses militaires, exprimant « l’espoir que l’Union européenne va sortir renforcée de cette crise » et que « l’OTAN saura tirer des conclusions à long terme de celle-ci : l’Alliance doit être plus présente en Europe de l’Est. Augmenter le sentiment de sécurité dans cette partie de l’Europe devrait également servir une politique de défense efficace de l’UE ». Les États membres de l’UE doivent « augmenter leurs dépenses sur l’organisation ».

Explication : c’est la Pologne qui doit assurer normalement la relève des avions américains à compter du mois de mai. Et vu la tension actuelle, et surtout l’atmosphère politique en Pologne qui craint déjà l’arrivée de chars russes en Ukraine, les Polonais auront certainement besoin de renforts. L’augmentation du nombre d’avions assurant la surveillance du ciel balte (et polonais) est donc à l’ordre du jour à l’OTAN. La mission de surveillance à Siauliai pourrait ne plus être assurée (comme aujourd’hui) par un seul pays mais par plusieurs. Cette visite du ministre de la Défense doit aussi se replacer dans le cadre de la future opération militaire européenne en République centrafricaine. La contribution de certains pays (Estonie notamment, mais Pologne également) n’est pas négligeable. Et il s’agit que cet engagement soit à la fois bien tenu, et même renforcé. Un effort terrestre polono-estonien en RCA vaut bien un effort aérien français à l’Est. Enfin, il ne faut pas oublier que certains contrats sont encore en négociation à Varsovie. Et que, sous l’effet de la remontée des tensions, Vilnius (Lituanie) comme Tallin (Estonie) envisagent d’augmenter leur effort de défense. La décision, très scénarisée, des Américains de s’engager dans cette région tient, aussi, compte de ces impératifs, plus « terre à terre ».

(Nicolas Gros-Verheyde)

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