Mission Medevac pour les Casa polonais et tchèque à Kiev (Maj)

Le Casa C 295 en évacuation médicale (Crédit : Ministère polonais de la Défense)
Le Casa C 295 en évacuation médicale (Crédit : Ministère polonais de la Défense)

(BRUXELLES2) Un avion militaire polonais de l’armée de l’air a procédé, dans la nuit de lundi à mardi, à une nouvelle évacuation médicale. Le Casa C-295 de la 8e unité de transport aérien qui avait décollé de sa base de Cracovie à 17h30 s’est posé sur l’aéroport de Kiev pour prendre en charge une douzaine de blessés graves lors des derniers affrontements les 20 et 21 février sur la place Maïdan. Direction : Wroclaw où il s’est posé dans la nuit, les blessés étant pris en charge par les médecins et infirmiers de l’hôpital militaire. Il s’agissait de la deuxième mission d’évacuation, pour les militaires polonais. Mais pas la seule arrivée de blessés ukrainiens en Pologne. « L’armée reste en stand-bye pour effectuer d’autres missions d’évacuations médicale si nécessaire » précise un porte-parole du ministère de la Défense.

Une aide humanitaire … et politique

En tout, au moins une cinquantaine de blessés ont, en effet, été pris en charge dans les hôpitaux de Varsovie et Cracovie, et certains sont arrivés par leurs propres moyens dans les villes plus proches de la frontière ukrainienne comme Lublin, Leczna, Tomaszow, Zamosc, Przemysl. L’accueil des blessés ukrainiens fait partie de la panoplie d’assistance décidée par la diplomatie polonaise, qui ne ménage pas ses efforts pour venir en aide aux opposants ukrainiens. Elle permet de soulager un peu les hôpitaux de Kiev, débordés par les blessés, de donner des soins spécifiques à des victimes atteintes à des endroits sensibles (yeux, tête, etc.) mais aussi de mettre à l’abri de possibles poursuites ces opposants qui, alors que la situation était encore très tendue, pouvaient risquer leur vie à être soignés dans un hôpital officiel.

Prêts au cas où…

Le ministre de l’intérieur s’est ainsi déclaré, il y a quelques jours, prêt à accueillir 350 blessés. « L’aide humanitaire est coordonnée par le Ministère des Affaires étrangères, qui par ses diplomates à Kiev (nous) envoie des personnes nécessitant des soins médicaux » expliquait au lendemain des évènements de Kiev, Bartłomiej Sienkiewicz. « Ils sont accueillis à l’aéroport de Varsovie et transportés vers l’hôpital. S’ils se présentent à la frontière, ils sont transportés vers les hôpitaux les plus proches ». 2800 policiers avaient ainsi été mis en alerte pour pouvoir renforcer les gardes-frontières et faire face à une possible arrivée de réfugiés.

(Mise à jour) Les avions tchèques prennent le relais

Deux avions militaires tchèques, un CASA C295 et un Airbus A-319 de la 24e base de transport aérien, avec une équipe de médecins et paramédicaux militaires à bord ont rapatrié vers Prague 24 blessés, jeudi (27 février). Les blessés sont des « blessés graves » – ainsi que l’explique le ltt col, Michal Mareček, chef des services médicaux aériens de Plzen-Linie, un des médecins les plus expérimentés de l’armée (selon le ministère tchèque de la défense). Ils souffrent « de multiples blessures par balles à la tête, la poitrine, les poumons, des brûlures et des fractures graves ». A bord de l’avion CASA, a été installée une unité PTU (Unité de transport des patients), avec unité de soins intensifs et 12 lits. L’Airbus a été équipé de 2 unités PTU modifié pour les patients les plus gravement blessés et deux autres lits spéciaux.

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).