Juger Azarov ?

Le commissaire à l'Elargissement, Stefan Füle, et le Premier ministre ukranien, Azarov il y a un an (crédit: Commission européenne)
Le commissaire à l’Elargissement, Stefan Füle, et le Premier ministre ukrainien, Azarov il y a un an (crédit: Commission européenne)

(BRUXELLES2) Aussitôt sa démission avalisée, mardi, l’ancien Premier ministre ukrainien Mykola Azarov s’est réfugié chez son fils (Oleksiy de son prénom) à Vienne si on en croit le quotidien autrichien Kronen Zeitung.

Azarov n’est pas un doux agneau pacifique. Du moins si on en croit l’opposition qui le tient, en partie, responsable pour la sanglante répression des opposants sur la place Maidan à Kiev, et notamment les tirs par balles qui ont atteint mortellement plusieurs manifestants. Si ces informations s’avéraient exactes, elles mériteraient une analyse approfondie, une enquête, sur la chaîne de responsabilité.

Si les Européens veulent faire un peu plus que quelques mots et visites de sympathie aux opposants ukrainiens, ils devraient, a minima, engager une enquête. Je ne suivrai pas l’idée de Mirosław Czech du quotidien polonais Gazeta Wyborcza (cité par Eurotopics) qui réclame qu’il soit extradé vers l’Ukraine.

Il est important que les Européens se saisissent eux-mêmes du sujet et interrogent directement le responsable politique ukrainien. Et si des faits doivent être lui reprochés, il doit pouvoir être jugé. Il ne peut être question de tolérer que l’Union européenne serve d’asile à des responsables politiques dont le comportement n’a pas été pleinement démocratique

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).

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