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Le Service diplomatique européen : un bâtiment “Nelson Mandela” à Bruxelles ?

 

Nelson Mandela en visite à la Commission européenne, en 2001, sous Romano Prodi (crédit : Commission européenne)
Nelson Mandela en visite à la Commission européenne, en 2001, sous Romano Prodi (crédit : Commission européenne)

(BRUXELLES2) Le bâtiment du service diplomatique européen (SEAE) n’a toujours pas de nom, à part celui donné par son promoteur “The Capitals”. Nom jamais utilisé. Pourquoi ne pas lui donner un nom de baptême dès aujourd’hui, un prénom de baptême, celui d’un homme qui vient de partir aujourd’hui vers d’autres contrées : Nelson Mandela…

Un nom qui sonne aux oreilles des Européens

“Mandela”. Voilà un nom qui sonne aux oreilles de tous les Européens. Une personnalité qui a été très diverse dans sa vie. Il a passé une partie de sa vie en prison, et s’il a été adepte la non-violence, il n’était pas non plus un pacifique dans l’âme, ne dédaignant pas le coup de poing ; il est tout de même un des initiateurs de la branche militaire de l’ANC qui a commis quelques sabotages. Mais l’homme n’a pas hésité non plus à tendre la main à son ennemi de toujours, à tisser la paix avec les anciens Boers au pouvoir en Afrique du Sud, au prix de mille difficultés. Son pays, un des premiers régimes, objet de sanctions économiques importantes de la part d’une partie de la communauté internationale, a retrouvé aujourd’hui une place de premier plan sur le continent. On retrouve là tous les vecteurs de la diplomatie européenne : la négociation, le dialogue mais aussi le bâton des sanctions voire de la force quand c’est nécessaire. Avec toujours un seul objectif : la paix !

La paix en objectif

Nommer ce bâtiment “Mandela” ou “Madiba” (son surnom) serait aussi rendre hommage à ce continent noir où le service diplomatique européen est si présent. C’est, à ma connaissance, la seule organisation à avoir une ambassade dans quasiment tous les pays d’Afrique. Au passage, cela permettrait d’éviter des choix déchirants entre des noms certes intelligents mais parfois partisans.

Mandela, leader l'ANC en visite à la Commission européenne en juin 1991, à l'arrière plan, Jacques Delors (crédit : Commission européenne)
Mandela, leader l’ANC en visite à la Commission européenne en juin 1991, à l’arrière plan, Jacques Delors (crédit : Commission européenne)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).