En Méditerranée, un hiatus politique

(BRUXELLES2) Quoi qu’on en dise les interventions en haute mer requièrent des moyens que seuls les marines militaires ont. Il faut, en effet, des navires capables d’affronter, et surtout de tenir face à la haute mer. Il faut aussi des navires capables de recueillir des réfugiés en quantité importante, du personnel pour les soigner, les nourrir, maintenir l’ordre au besoin, voire faire le coup de feu, s’il y a tentative d’affrontement. Au niveau technique et opérationnel, seuls les navires militaires sont capables de le faire. Mais quand on parle de recueillir des réfugiés en mer, il s’agit d’objectifs « civils » menés par une institution civile (Commission européenne).

Le hiatus…

L’Europe ne s’est pas organisée pour faire face à des menaces extérieures autrement que par des procédés classiques d’une organisation internationale : sanctions, législation, mesures de rétorsion. Et, si elle le fait, elle pense essentiellement en moyens civils, non militaires. C’est en général le cas dans les opérations menées par l’agence européenne de surveillance aux frontières (Frontex). Or, dans tous les cas, pour une opération menée en Méditerranée, comme l’est l’opération Mare Nostrum, seuls des moyens militaires pourront être employés. C’est là le hiatus de l’action européenne conçue pour l’action civile et rebutant à englober l’action militaire.

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).

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