Un nouveau navire attaqué dans l’Océan indien. 9 suspects arrêtés (maj)

(BRUXELLES2) Un navire marchand battant pavillon danois, le MV Torm Kansas, vient d’être attaqué en plein milieu de l’Océan indien, entre la côte kenyane et les Seychelles, ce samedi (9 novembre). Selon nos informations, un skiff armé par environ 5 pirates s’est approché de très près. Des tirs ont été échangés entre l’équipe de gardes privés à bord du navire et les occupants du skiff.

Un même groupe pirates opérant dans la zone

Cette attaque, très similaire à celle qui s’est produite le 6 novembre dernier, a suscité une alerte maximale parmi les forces anti-piraterie (lire : Un navire marchand attaqué. Des groupes pirates sur zone).

Le skiff suspect pourrait ainsi être rapidement localisé par les avions de patrouille maritime dans la zone. Vu sa localisation (en plein milieu de l’océan), il pourrait cependant ne pas être seul. Si le mode opératoire traditionnel est observé, un bateau-mère ou une équipe de réserve / logistique pourrait se situer à proximité.

(crédit : Marine Danoise)
Les 9 suspects arrêtés par un navire danois (crédit : Marine Danoise)

(Maj 10/11 17h30) Pirates arrêtés

L’affaire n’a pas traîné… Et dimanche (10 novembre), le navire danois HDMS Esbern Snare, qui participe à l’opération Ocean Shield de l’OTAN, et était le plus proche de l’incident, a localisé dans l’Océan indien deux bateaux suspects et arrêté neuf pirates. « Durant la nuit, malgré des mauvaises conditions les militaires danois ont réussi à localiser le skiff et le baleinier (NB : faisant office de bateau-mère) » raconte un officier de l’alliance. Et au petit matin l’unité spéciale d’investigation maritime, soutenu par l’hélicoptère de bord Lynx, est intervenue.

Les suspects se sont rendus sans résistance et sont actuellement détenus à bord du Esbern Snare, précise-t-on au QG Marcom de l’OTAN à Northwood.« Cet incident est à la fois un bon exemple des succès de la communauté international dans la détection des pirates mais cela nous incite aussi à rester vigilant », a expliqué le commodore Henning Amundsen qui commande le navire danois. « Les causes profondes de la piraterie demeurent. Ce qui oblige la communauté internationale à travailler à résoudre celles-ci ».

Ocean Shield dispose actuellement de 4 navires, outre le HDMS Esbern Snare, il s’agit du norvégien HNOMS Fridtjof Nansen (F-310), de l’Américain USS De Wert (FFG-45) et de l’Ukrainien UNF Hetman Sagaidachny.

Traduits en justice ?

Normalement, tous les critères sont remplis pour une traduction devant les tribunaux danois : haute mer, pavillon danois attaqué, arrestation par des militaires danois. Si le Royaume préfère ne pas se charger du problème d’autant que les suspects n’ont pas été pris en flagrant délit. Ils pourraient alors être transférés aux autorités des Seychelles à moins qu’ils ne soient tout bonnement… libérés.

(NGV)

Lire : L’Ukraine dans les opérations UE et OTAN. Une volonté d’intégration

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen à l'université Paris I Pantheon Sorbonne. Journaliste professionnel depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir). Auditeur de la 65e session de l'IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale).

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