Dernières nouvelles de la piraterie (17 nov. 2013)

(BRUXELLES2)

Les Néerlandais prolongent leur engagement

(crédit : marine néerlandaise)
(crédit : marine néerlandaise)

Le gouvernement néerlandais a décidé, vendredi (15 novembre) de prolonger son engagement dans les différentes opérations  anti-piraterie, ce jusqu’à fin décembre 2014.

La frégate de commandement et de défense aérienne, Zr. Ms. Evertsen (F-805), sera ainsi engagée de février à la mi-mai dans l’opération de l’OTAN (Ocean Shield). Tandis que le Zr. Ms. De Zeven Provinciën (F-802), une frégate de même type prendra part jusqu’à la fin août à l’opération anti-piraterie de l’Union européenne, Atalanta. Jusqu’à décembre, ce sera au tour du patrouilleur océanique, Zr. Ms. Holland (P-840), récemment incorporé dans la marine néerlandaise (en 2012), dont ce sera la première sortie dans l’Océan indien.

Un officier supérieur néerlandais devrait, par ailleurs, prendre le commandement adjoint de l’opération Atalanta durant la deuxième moitié de 2014. Un poste qui est attribué par rotation aux différents pays européens, le poste de commandement revenant de façon traditionnelle à un amiral britannique.

Relève allemande à Eunavfor

(crédit : marine allemande)
(crédit : marine allemande)

La frégate allemande Hessen (F-221) va quitter, lundi (18 novembre), son port d’attache de Wilhelmshaven pour rejoindre l’opération anti-piraterie de l’UE, Atalanta, au large de la Corne de l’Afrique. Le voyage devrait durer environ deux semaines et le navire devrait être opérationnel sur zone le 3 décembre. Le retour est prévu en avril 2014.

Les 250 femmes et hommes du « Hessen », placés sous le commandement du commandant Dirk Jacobus, passeront donc Noël et le Nouvel an au large. Des visites des ports de Djibouti, de Mombasa (Kenya), Salalah (Oman) et Port Victoria (Seychelles) sont prévues, indique la marine allemande.

Outre les marins, seront à bord un conseiller juridique (Legad), la police militaire, des traducteurs et un détachement VPD (Détachement de protection des navires).

Un navire néo-zélandais pour la CTF-151

La frégate Te Mana (crédit : marine néo-zélandaise, archives 2009)
La frégate Te Mana (crédit : marine néo-zélandaise, archives 2009)

La frégate HMNZS Te Mana (F-111) est partie de Darwin samedi (16 novembre) pour participer à l’opération anti-piraterie CTF 151 menée en coalition sous impulsion américaine. La « Nouvelle-Zélande reste engagée pour contribuer aux efforts anti-piraterie » a expliqué le ministre de la Défense, Jonathan Coleman. « (Notre pays) a un intérêt direct à (…) protéger les routes maritimes (car) une large part de nos échanges commerciaux est effectuée par cette voie. » « Un environnement maritime sécurisé est essentiel à la prospérité économique et à la sécurité régionale » a-t-il ajouté.

Le HMNZS Te Mana,  une frégate de fabrication allemande de type MEKO 200, vient de terminer près de trois mois de formation spécialisée en Australie en vue de son déploiement. Il restera déployé durant trois mois, le retour en Nouvelle Zélande étant prévu en mars 2014. La dernière fois qu’une frégate néo-zélandaise a été déployée, c’était en 2008 dans le cadre de l’opération anti-terroriste.

La Nouvelle-Zélande a également envoyé quatre officiers pour soutenir l’état-major de la CTF-151 à Bahreïn et 3 autres officiers servent sur le navire australien HMAS Melbourne. L’an prochain, 14 personnes seront envoyées à la CTF-151, et un avion de patrouille maritime Orion P3 – K2 sera déployé.

Jugement des derniers pirates du S/Y Quest

Les derniers pirates somaliens encore jugés pour l’assassinat de 4 américains du S/Y Quest en février 2011, ont été condamné jeudi (14 novembre) à plusieurs peines de prison à vie par un tribunal de Norfolk (Virginie – USA). Abukar Osman Beyle (33 ans), Shani Nurani Shiekh Abrar (31 ans), et Ahmed Muse Salad (27 ans) ont chacun écopé de 21 peines de prison à vie plus 30 ans, selon une déclaration de Dana Boente, l’U.S. Attorney faisant fonction du district est de Virginie, rapporte l’agence Reuters. « Les multiples peines de prison à vie sont un message clair que la piraterie, la prise d’otages et le meurtre dans les hautes mers ne seront pas tolérées » a-t-elle déclaré. Les intéressés risquaient la peine de mort. 13 Somaliens et 1 Yemenite avaient été arrêtés — 13 sur le coup, 1 ensuite. Ils ont tous désormais été jugés.

Lire aussi :

Libération des 2 américains

Les deux marins américains – le capitaine et le chef mécanicien – enlevés le 23 octobre, lors d’une attaque du C-Retriever, un bateau de ravitaillement pétrolier, au large du Nigeria, ont été libérés a confirmé mardi (12 novembre) le département d’Etat. Le porte-parole du département d’Etat n’a pas voulu commenté les circonstances de cette libération. « For privacy reasons, we will not provide any additional information on the two individuals or the circumstances of their release ». L’hypothèse du versement d’une rançon par l’armateur ou le propriétaire du bateau semblent probables.

« Le Business model des pirates cassé mais pas brisé »

Le navire amiral d’Eunavfor, le Johan de Witt, amarré à Djibouti a accueilli, lundi (11 novembre), les membres du Groupe de contact de la piraterie au large des côtes de la Somalie (CGPCS). C’est la première fois que le Groupe de contact se réunit à Djibouti. 150 délégués représentant 20 pays (africains, occidentaux, chinois…), ainsi que des représentants de l’industrie du transport maritime et des experts juridiques étaient réunis dans le cadre de la « semaine anti-piraterie ». Pour le Captain Peter Olive chef d’état-major de la force navale de l’UE (EUNavfor), il importe de rester mobilisé sur tous les plans. « Le « business modèle » des pirates a été cassé par la pression continue appliquée en mer par la Force navale de l’UE, comme les autres forces de lutte contre la piraterie et les pays de la région, qui travaillent ensemble de façon plus étroite. Mais il n’a pas été brisé. Les conditions et les motivations (de la piraterie) sont toujours là (favorisant) la résurgence de l’activité de piraterie si la réponse internationale ou les mesures d’auto-protection de l’industrie diminuent. Les pirates sont toujours actifs en mer et un navire pris maintenant serait une tragédie, car il réamorcerait le business model. Ensemble, les forces militaires, le (travail) de l’industrie maritime s’attaquant aux points les plus vulnérables et la couverture juridique ont créé l’espace dans lequel d’autres acteurs, travaillant pour soutenir autorités somaliennes, peuvent commencer à s’attaquer aux causes. »

Le P3 Orion allemand de retour à Djibouti

(crédit : Eunavfor Atalanta / Bundeswehr)
(crédit : Eunavfor Atalanta / Bundeswehr)

Après six mois d’interruption, l’équipe de patrouilleurs maritimes du P-3C Orion de Nordholz, sous le commandement du capitaine de corvette Daniel Peter, est de retour à Djibouti depuis début novembre.

Un premier groupe de 16 militaires était arrivé à la mi-octobre pour préparer l’infrastructure en place et faire les préparatifs logistiques. Au total, ce ne sont pas moins de 36 tonnes de fret et de nombreux équipements au sol, comme des chariots élévateurs et des tracteurs qui ont été déployés. Le reste du groupe de 54 militaires est arrivé fin octobre, après une escale en Sicile et presque 6000 km à bord. Cette interruption a permis « de se concentrer sur la formation des nouvelles recrues, un apport frais nécessaire pour le « Graf Zeppelin », le Naval Air Wing 3 » s’est ainsi réjoui le commandant Per Fritz Weiler, chef de la base de Nordholz. L’équipe du P3 Orion rejoint ainsi sur place le DVUG ou groupe de soutien allemand (*) qui est basé à Djibouti, alors que croise au large la frégate Niedersachsen.

(*) Deutschen Verbindungs- und Unterstützungsgruppe (DVUG)

La frégate ukrainienne en action

La frégate ukrainienne Hetman Sahaidachnyi – engagée dans l’opération anti-piraterie de l’OTAN « Ocean Shield » – n’a pas tardé à entrer en action dans le Golfe d’Aden. Lundi (4 novembre), elle est ainsi venue au secours d’un navire marchand, le Manjin Cild, qui avait alerté comme étant suivi par un skiff rapide. Les Ukrainiens sont alors rentrés en communication satellite. Mais le skiff a finalement stoppé sa poursuite et a disparu.

(NGV)

Lire ces dernières semaines dans notre section Piraterie :

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen à l'université Paris I Pantheon Sorbonne. Journaliste professionnel depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir). Auditeur de la 65e session de l'IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale).