Les finances et les hommes. Deux francophones en renfort à EUTM Mali

(BRUXELLES2, exclusif) La mission européenne de formation de l’armée malienne (EUTM Mali) va recevoir le renfort de deux pays francophones, selon nos informations.

Le Canada va apporter une contribution non pas en personnel mais en espèces sonnantes et trébuchantes. Plus exactement, il s’agit de la fourniture d’un logiciel en ressources humaines pour l’armée malienne (dans le cadre de la mission « expertise » de EUTM Mali) dont la valeur est estimée à 1 million $ Canadien (soit environ 700.000 euros).

La contribution suisse consiste dans le détachement de personnel civil. Un expert « médias » pourrait ainsi venir renforcer l’équipe d’EUTM Mali. Cette contribution est cependant jugée comme « significative » par les responsables européens. Et la Suisse pourrait ainsi être dispensée de contribution financière aux frais de la mission, à proportion de son apport ou de son PIB, comme le veut la règle du fonds « Athena » (qui prend en charge les coûts communs des opérations militaires européennes).

A l’origine, les Suisses envisageaient de fournir une équipe de formateurs militaires à EUTM Mali, non armés et en civil, afin d’assurer la formation au droit humanitaire. Mais cette option a été biffée par le Département de la Défense, dirigé par le souverainiste Uli Maurer. Le ministère suisse des Affaires étrangères avait alors décidé de contribuer à la mission des Nations-Unies, en envoyant des spécialistes en déminage, ce qui lui a permis de s’affranchir de l’autorisation parlementaire. « Sur la base de la loi sur l’armée et dans le cadre d’une résolution de l’ONU, une telle mission ne requiert pas l’aval du parlement » comme le confirmait en effet cet été mon confrère suisse du Temps. Le ministère a aussi trouvé la parade aux difficultés politiques locales pour affirmer sa présence dans l’opération européenne de formation de l’armée malienne. Bienvenue !