Attention à ne pas abandonner l’Afghanistan

La mission européenne en Afghanistan.
La délégation parlementaire en Afghanistan (crédit : Arnaud Danjean)

(BRUXELLES2) Une délégation de quatre eurodéputés * était en Afghanistan le 28 octobre dernier durant 4 jours, pour envisager le futur de la mission EUPOL Afghanistan et la situation dans le pays. « Les conclusions sont très difficiles à tirer » comme l’a expliqué Arnaud Danjean, le président de la sous-commission défense à son retour. Si tout le monde est d’accord pour dire qu’« il ne faut pas abandonner l’Afghanistan », la délégation était balancée entre l’optimisme des pro-Karzai et de la coalition de l’OTAN, du fait de la montée en puissance des forces de sécurités afghanes, ainsi que de l’incapacité des Talibans à peser militairement sur l’ensemble du territoire et le pessimisme de ceux qui pensent que les Talibans peuvent plonger toute la région dans le chaos en déstabilisant les alliances entre factions anti-Talibans. Sur place, les eurodéputés ont pu rencontrer la mission de police européenne qui forme les cadres du ministère de l’intérieur et de la police afghane, ainsi que les chefs des partis politiques, qui ont, tous, exprimé le besoin de soutien des occidentaux après les élections.

Les conditions de la transition

La transition ne pourra réussir qu’avec « une forte attention internationale et son assistance » dans la mise en place d’alliances pour mettre en place un pouvoir central cohérent.  Sinon, prédit Arnaud Danjean, « ils vont se déchirer et laisser la place aux Talibans ». Assurer le bon déroulement des élections devrait être la tâche essentielle de la communauté internationale, a estimé la délégation. Et  sa validité sera la clef de la stabilité du pays. Or, les acteurs internationaux semblent aujourd’hui s’empresser de se désengager, au moment même où une concentration suffisante de leurs moyens s’avère nécessaire pour mener dans de bonnes conditions le processus électorale.

(*) Outre le Français Arnaud Danjean (UMP/PPE), étaient présents le néerlandais Thjs Berman (PvDA/S&D), l’italien Carlo Fidanza (Fratelli d’Italia/ PPE) et le polonais Pawel Robert Kowal (PJN/ECR)