EUFOR Althea en Bosnie-Herzégovine : on continue ?

Les troupes d'Althea lors de l'exercice Quick Response en septembre (crédit : EUFOR Althea)
Les troupes d’Althea lors de l’exercice Quick Response en septembre (crédit : EUFOR Althea)

(BRUXELLES2) Les 28 ministres des Affaires étrangères ont décidé aujourd’hui de continuer la mission EUFOR Althea en Bosnie-Herzégovine. les Etats membres restent divisés sur le maintien ou non de cette mission. Faute d’accord, l’option de la continuité a donc été approuvée (*).

Prête à rempiler

Les 28 saluent ainsi « la présence continue de l’opération Althea, concentrée sur la construction de capacités (capacity-building) et la formation tout en restant capable de contribuer à la capacité de dissuasion des autorités de Bosnie-Herzégovine, si la situation le requiert ». Et les Européens sont prêts à rempiler dans le cadre du mandat de l’ONU « L’UE est prête à continue à ce stade un rôle militaire exécutif (…) pour maintenir un environnement sûr et sécurisé (Safe and secure environment), sous un mandat renouvelé de l’ONU ».

Une discussion à l’ONU mi-novembre

Le mandat de la mission actuelle se termine à la mi-novembre. Et le conseil de sécurité des Nations-Unies doit décider de le prolonger, normalement pour un an de plus. Il était nécessaire aux Européens de montrer leur bonne volonté, même si la mission est réduite à la portion congrue (moins de 600 hommes essentiellement fournis par l’Autriche, la Turquie et la Hongrie) et alors que les menaces à la sécurité ne sont plus prégnantes. Mais les 28 prennent bien soin de préciser que « cette opération(est) sous régulière révision, en tenant compte de la situation sur le terrain, en vue de réaliser des progrès sur les conditions propices à la réalisation de son mandat ».

Une mission terminée…

Les pays sont toujours aussi divisés. Pour plusieurs pays, notamment à l’ouest de l’Europe, la mission doit changer de nature et abandonner son mandat exécutif pour se concentrer sur sa mission de formation. Ainsi que l’a rappelé le numéro 2 de la représentation française à l’ONU, Martin Briens, en mai dernier (et qu’il devrait rappeler lors du prochain débat). « Le Conseil de sécurité doit prendre acte (du) changement de nature d’EUFOR ALTHEA. (…) Les autorités bosniennes ont toujours été capables de garantir cette sécurité et n’ont pas besoin pour cela de la présence militaire européenne, comme le rappellent les rapports réguliers du commandant d’opération. (…) L’action d’EUFOR ALTHEA, dans cette phase descendante, doit rester complémentaire de celle des autres acteurs présents sur le terrain ».

ou EUFOR irremplaçable

Un point de vue que ne partage pas le haut représentant de l’ONU dans la région, l’Autrichien Valentin Inzko, « L’EUFOR continue de jouer un rôle capital dans l’action menée pour maintenir des conditions de sécurité et de sûreté et aide les autorités bosniennes à améliorer la gestion et la destruction des excédents d’armes et de munitions. Elle continue donc d’être un facteur essentiel de la stabilité en Bosnie-Herzégovine » souligne-t-il dans son dernier rapport (publié en mai). « Compte tenu des tendances délétères (…), il m’apparaît indispensable qu’elle conserve son mandat opérationnel en vertu (…) de l’Accord-cadre général et continue de rassurer la population, laquelle en a bien besoin. »

(*) Aucune date à la fin de l’opération n’ayant été fixée en 2004, c’est la règle de l’unanimité qui prévaut pour arrêter l’opération.

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).

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