Coincidence

BorneSecoursSeineParis204a(BRUXELLES2) Pour rencontrer des chefs de mission de la missions européennes de gestion de crises, et les interviewer, il faut parfois jouer au chat et à la souris avec le service du porte-parole de Catherine Ashton, dont c’est normalement le job. Voici un petit exemple tiré du quotidien. C’est anodin, sans importance réelle, mais cela témoigne d’un certain climat…

Affirmatif

Profitant de la présence, récemment, de quasiment tous les chefs de mission, récemment, à Bruxelles, je demande si on peut les interviewer. L’essence de mon métier. Aucune réponse (ni positive, ni négative) ne parviendra. Je reviens donc à la charge, un jour après, de visu, en recentrant ma demande sur un nom. On m’affirme que, justement, ce chef de mission n’était pas présent… Quel dommage ! J’insiste un peu. De la façon la plus affirmative possible, on me répond : « Non il n’est pas là ». Manque de chance pour ledit porte-parole ! Je sors de la salle de presse, deux minutes plus tard, pour aller déjeuner. Et je tombe nez à nez sur le chef de mission en question qui attend  justement ledit porte-parole pour l’introduire dans les étages RV. Quel hasard !

Coincidence

Je n’hésite pas à l’aborder. Et, fort courtois, ce chef de mission ne voit, d’ailleurs aucun problème, à m’accorder une interview, dès qu’il aura terminé sa série de réunions. Le porte-parole bredouille qu’il n’était pas au courant. Pâle excuse… qui révèle soit une impréparation notoire,  soit un manque de volonté de communiquer. Je penche pour cette dernière hypothèse. Car je n’ose imaginer qu’un porte-parole ne prenne pas au sérieux. Mais aussi car un chef de mission (surtout un militaire) ne vient pas du fin fond de l’Afrique à l’improviste. Cela illustre bien l’état d’esprit régnant : surtout ne pas faire de vagues, faire le minimum de promotion de la PSDC, surtout la gestion militaire de crises. Au 36 Quai des orfèvres, cela s’appelle un « flag » 😉 (ou « flagrant délit » pour ceux qui ne sont pas initiés au parisien parlé).

Et ceci n’est qu’un exemple… On pourrait ouvrir un livre d’or !

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).