La Russie présente à l’Ukraine la facture

(Crédit: Centre d'information sur la politique de voisinage de l'Union européenne)

(Crédit: Centre d’information sur la politique de voisinage de l’Union européenne)

(BRUXELLES2) Le président de Gazprom, Alexei Miller est extrêmement désolé… Mais, mardi (29 octobre), il a dû se résoudre aux actes envers son client ukrainien. Tel un huissier qui atteindrait le dernier moment pour recouvrer sa dette, il a publiquement exprimé son extrême « préoccupation » sur « la situation actuelle des paiements du gaz russe en Ukraine ».

On coupe les crédits… avant le gaz

Selon la compagnie gazière russe, l’Ukraine, profondément touchée par la récession, lui devrait 882 millions $ ! Tout crédit est désormais coupé. Gazprom va introduire « le mode de paiement à l’avance dans les livraisons de gaz » à l’Ukraine. Le premier ministre russe (et ancien dirigeant de Gazprom), Dmitry Medvedev a enfoncé le clou en déclarant la « situation critique » et en intimant l’Ukraine à payer ses dettes. Une sanction économique qui pourrait aboutir à la fermeture des robinets ukrainiens à l’approche de l’hiver.

L’arme énergétique reprend du service

Après trois années inactives, l’arme énergétique russe reprend ainsi du service à quelques jours de la signature de l’accord d’association de l’Ukraine avec l’Union européenne, attendue au sommet de Vilnius le 28 et 29 novembre. Un parfait hasard. Face aux pressions russes, le soutien européen se fait pourtant attendre…

La Russie joue son atout

Au Kremlin, on se défend de tout lien avec le Sommet de Vilnius et la signature de l’accord. Mais depuis quelques mois, la Russie multiplie en effet les démonstrations de force contre l’Union européenne et les ex-républiques soviétiques, membres du Partenariat oriental : embargos russes sur les confiseries ukrainiennes et le vin moldave cet été, application stricte des règles sanitaires envers la Lituanie, incidents diplomatiques avec les Pays-Bas, incarcération de militants de Greenpeace qui ont pris une plate-forme pétrolière…

L’Europe cherche sa réplique

Du côté européen, affaire ultra sensible oblige, c’est la prudence qui prédomine. La Commission européenne se refusait, hier, à commenter une situation qu’elle veut l’affaire exclusive de « deux états »… Si aucune forme de pression venant de la Russie ne paraît acceptable dans les couloirs européens, l’Europe se garde bien de prendre la main…« pour l’instant » murmure t-on. Il y a en effet un précédent. Lors de l’embargo russe sur les vins moldaves, l’Union européenne avait ainsi ouvert ses marchés à la Moldavie. Selon certains, des mesures de solidarité similaires pourraient être envisagées pour l’Ukraine en cas de coupure de gaz. Difficile encore de voir comment. Suite au prochain épisode

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