Au Sahel, la lumière au bout du tunnel

Sahel(BRUXELLES2) Le livre que vient de publier le GRIP — « Sahel: éclairer le passé pour mieux dessiner l’avenir » — se veut, avant tout, un message d’alerte: la crise malienne peut se reproduire dans chacun des pays du Sahel si rien n’est fait. Il faut le lire si on veut comprendre ce qui s’est passé et se passe encore dans ces pays qu’on a trop longtemps oubliés (*).

Sous la direction de Bérengère Roupert, les auteurs – tous des chercheurs, avec une expérience de terrain – mènent une réflexion sur les populations nomades du Sahel, l’enracinement de la criminalité d’Etat et les mouvements islamistes au Mali. Ce voyage débute ainsi avec les Touaregs du Niger, passe par le corrompu Etat malien et une Algérie en quête d’influence pour finir avec une expérience originale en Mauritanie : la repentance chez les djihadistes. D’autres chapitres analysent les politiques de sécurité américaine et européenne. Pour chacun des facteurs analysés, les auteurs ne se limitent pas aux explications mais cherchent à nous montrer les clés d’un futur de paix. Le dernier chapitre reflète d’ailleurs l’essence de l’ouvrage en cherchant répondre à la question que posent les récents événements : comment imaginer revivre ensemble ?

De l’espoir malgré tout

Si le système clientéliste et corrompu qui régnait dans le Mali d’Amadou Toumani Touré, a failli causer la perte du pays, Georges Berghezan voit de la lumière au bout du tunnel. Ce modèle corrompu serait devenu « un repoussoir » et la communauté internationale commence à « ouvrir les yeux sur cette réalité » et la « condamne ». Chez les Touaregs du Niger, Frédéric Deycard décèle trois facteurs qui détermineront l’avenir: « le traumatisme d’une rébellion récente qui a laissé le Nord dans une situation difficile; l’engagement du Niger dans une collaboration militaire et diplomatique accrue avec l’Occident; l’entente mutuelle des anciens rebelles et du gouvernement en faveur de la paix ». En Mauritanie, en interrogeant le droit islamique, un débat public s’est mis en place sur le recours à la violence et sa légitimité dans ce type spécifique de guerre que l’on appelle le djihad. « Probablement la seule voie de réussite à long terme », à condition de reconnaitre  à la sphère islamique « sa place dans l’espace d’énonciation politique national et international». 

A noter : Le livre sera présenté lors d’une conférence, ce vendredi 25 octobre, de 10h30 à 12h30, à l’ambassade du Luxembourg (75 avenue de Cortenbergh, 1000 Bruxelles). S’inscrire auparavant, Renseignements : ici

(*) « Sahel: éclairer le passé pour mieux dessiner l’avenir », sous la direction de Bérangère Rouppert, préfacé par Louis Michel, édité par le Groupe de Recherche et d’Information sur la Paix et la Sécurité (GRIP), 134 p., 13,90 euros.